Une chanson sur Mohammed VI sur une chaîne algérienne fait polémique au Maroc

Alors que les tensions entre l’Algérie et le Maroc ont atteint leur paroxysme, une nouvelle polémique s’est déclenchée suite à la diffusion, jeudi 8 avril, d’une chanson satirique sur le roi marocain dans l’émission humoristique de Cheikh Noui sur la chaîne privée Ennahar. Dans cette émission qui traite l’information de manière satirique, l’animateur a composé une chanson sur le roi Mohammed VI.

La diffusion de cette émission a fait réagir les Marocains. Des médias ont condamné la diffusion de cette chanson. Pour eux, “les provocations hystériques du régime algérien en direction du Maroc n’ont plus de limite”. La chanson en question est jugée “de mauvais goût (et) ne comprenait certainement aucun contenu humoristique, bien au contraire c’était juste une nouvelle provocation de la presse algérienne vis-à-vis du souverain chérifien”.

Les médias marocains ont également lié la diffusion de cette chanson à l’actualité politique. Ils affirment que “le dossier du Sahara occidental serait sans aucun doute le nerf de la « haine » viscérale du régime Abdelmadjid Tebboune, à l’endroit du Maroc”.

L’humour remis en cause

Cette polémique était aussi l’occasion pour la presse marocaine de rappeler la diffusion, le 12 février dernier, d’une caricature du roi marocain lors de l’émission « Week-end Story » de la chaîne privée Echorouk News. Dans cette émission, une marionnette représentant le roi Mohammed VI a fait réagir la classe politique marocaine ainsi que les internautes. “Empiéter sur les institutions de notre pays et nos symboles nationaux, dirigés par Sa Majesté, est inacceptable et intolérable. Notre position doit être unie, rejetant cette transgression et protégeant nos institutions, pour défendre les symboles de notre pays”, avait, alors, dénoncé le ministre chargé des Droits de l’Homme au Maroc.

Ces réactions des médias marocains qui seront, sans doute, suivies de celles d’hommes politiques révèlent la relation des politiciens du tiers-monde avec l’humour et la caricature. Ces responsables rejettent toute forme de créativité et sacralisent leurs dirigeants. C’est le cas aussi en Algérie, où un artiste qui produit des mèmes avait été condamné par la justice pour, notamment, « outrage et offense à la personne du président de la République ». Il s’agit de Walid Kechida, libéré. Il avait été condamné à une année de prison, dont 6 mois ferme, à la fin du mois de janvier dernier.

ObservAlgérie, 11 avr 2021

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