La première utilisation d’un drone par l’armée du Maroc met en évidence la vulnérabilité du Polisario

La première utilisation d’un drone par l’armée marocaine met en évidence la vulnérabilité du Polisario
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RABAT – Dans une opération sans précédent, les Forces armées royales marocaines ont mis fin à une tentative des membres du Front Polisario d’infiltrer le mur de sable du Maroc à l’est de la région du Sahara occidental.

L’opération s’est terminée par l’assassinat du soi-disant chef de la gendarmerie du Polisario, Addah al-Bendi, après une frappe de drone marocain contre un groupe de personnalités clés du Polisario, dont le chef du Front et plusieurs de ses assistants.

Mustapha Ould Sidi Mouloud, un ancien responsable de la sécurité du Polisario, a confirmé que le chef du Front, Ibrahim Ghali, a survécu à la frappe et que son assistant en communication sans fil a été gravement blessé.

C’est probablement la première fois que l’armée marocaine effectue une frappe létale par drone au cours de sa lutte, vieille de plusieurs décennies, contre le front séparatiste.

L’armée marocaine n’a jamais révélé officiellement qu’elle possédait des drones.

Le forum « FAR-Maroc », une page Facebook non officielle des forces armées marocaines, a déclaré qu' »après une opération méticuleuse de renseignement et militaire, les Forces armées royales ont surveillé et suivi les mouvements suspects à l’intérieur des zones tampons des dirigeants du Polisario, y compris le chef de l’organisation terroriste et un groupe de ses principaux associés ».

La page du média social, dont les informations sont souvent exactes, ajoute que la frappe « s’est soldée par la mort de plusieurs éléments de premier plan, dont le chef de la soi-disant gendarmerie de l’organisation terroriste, tandis qu’Ibrahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario, a réussi à s’échapper. »

Le Maroc utilise deux satellites, « Mohammed VI A-B », pour surveiller et suivre tous les mouvements du groupe séparatiste à l’est du mur de séparation au Sahara.

Ces deux satellites sont équipés d’une technologie sophistiquée, qui permet aux drones de localiser avec précision tout mouvement du groupe Polisario.

Le représentant du Maroc aux Nations Unies, Omar Helale, a confirmé par le passé que « le royaume est désormais en mesure de suivre les mouvements des séparatistes et d’informer le Secrétariat des Nations Unies en temps opportun et de lui fournir des images satellites », ajoutant que cela « nous permet de faire pression sur les séparatistes du Polisario, dont nous surveillons et dénonçons les mouvements et les manœuvres ».

Les analystes estiment que l’utilisation par le Maroc d’un drone dans l’attaque contre une cible du Polisario constitue un développement qualitatif des opérations militaires qui lui permettra à l’avenir d’exercer un contrôle sur les zones qui ont été utilisées par le Polisario pour mener ses attaques.

Le recours aux drones est susceptible de porter un coup dévastateur au Polisario, qui poursuit des tactiques de  » hit-and-run « , puisque ses unités sont désormais à portée directe de l’armée de l’air marocaine.

L’analyste politique et universitaire maroco-canadien Hichem Moatad a déclaré que l’utilisation d’un drone pour cibler les dirigeants du Polisario reflète la forte détermination de l’establishment de la défense marocaine et sa capacité à mettre ses performances au niveau des nouvelles technologies militaires afin de maintenir son avantage qualitatif.

Certains stratèges militaires ont émis l’hypothèse que l’armée de l’air marocaine a utilisé un drone américain MQ-9 pour effectuer sa frappe, tandis que d’autres ont affirmé que l’achat de quatre de ces drones est toujours au stade de l’évaluation technique et doit encore être finalisé.

Rabat s’appuie sur de multiples fournisseurs, dont la Chine et les États-Unis, pour développer son arsenal de défense terrestre, aérienne et maritime.

Elle devrait conclure un nouvel accord avec la Chine pour l’achat de drones Wing Loong, utilisés pour des missions de surveillance et de reconnaissance aérienne, mais pouvant également être équipés de diverses armes leur permettant de mener efficacement des opérations de combat.

Moatadad a déclaré à The Arab Weekly que malgré l’engagement du Maroc en faveur du cessez-le-feu, les tentatives du front séparatiste de mener des opérations militaires contre des cibles militaires marocaines donnent à Rabat le droit internationalement garanti de se défendre afin de sauvegarder son intégrité territoriale et d’éliminer toute menace pour sa sécurité nationale.

Cette frappe ciblée intervient en plein milieu des préparatifs des exercices militaires conjoints prévus en juin prochain, entre les États-Unis et le Maroc, dans le cadre des exercices annuels « African Lion » de l’AFRICOM.

The Arab Weekly, 9 avr 2021

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