Le Maroc demande à l’ONU de déterminer « qui viole le cessez-le-feu » et « bloque » le processus politique au Sahara occidental.

MADRID, 6 avr (EUROPA PRESS) – Le gouvernement marocain a demandé aux Nations Unies de déterminer « qui viole le cessez-le-feu » et « bloque » le processus politique pour parvenir à une solution au différend sur le Sahara occidental, en raison de l’augmentation des tensions avec le Front Polisario dans le col de Guerguerat, à la frontière avec la Mauritanie.

« Le Conseil de sécurité de l’ONU doit déterminer, en toute objectivité, qui viole quotidiennement le cessez-le-feu et qui a appelé à sa fin, d’une part, et d’autre part, qui s’accroche à ce cessez-le-feu et qui l’a annoncé au plus haut niveau », a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Il a déclaré que « la confusion dans l’esprit du Conseil de sécurité et de la communauté internationale entre ceux qui s’accrochent au cessez-le-feu et ceux qui le rompent, ceux qui soutiennent le processus politique et ceux qui manœuvrent contre lui, doit cesser ».

Le ministre a également souligné que Rabat n’est pas derrière le blocage de la nomination de l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental et a demandé « de définir les responsabilités » et « de déterminer qui joue un rôle constructif » et « qui manipule et contredit les faits ».

« Si le dossier est entre les mains des Nations unies, qui essaie alors d’impliquer l’Union africaine ? », a demandé M. Burita, faisant référence à la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et à l’Algérie, comme le rapporte l’agence de presse étatique marocaine, la MAP.

Dans cet ordre d’idées, il a souligné qu' »il est bienvenu » quiconque veut entamer des pourparlers « pour trouver une solution dans le cadre du plan d’autonomie », catégoriquement rejeté par le Front Polisario. « Le Maroc poursuivra son action sérieuse pour réaffirmer la propriété marocaine du Sahara sur le terrain et par la diplomatie, et non par des illusions et des mensonges », a-t-il ajouté.

« Si la véritable partie, qui est l’Algérie, fait preuve de sérieux, le Maroc est prêt, mais s’il s’agit de manœuvres et de manipulations, le Maroc poursuivra son processus de réaffirmation de la marocanité du Sahara », a-t-il conclu.

L’Union africaine (UA) a exprimé en janvier son soutien à un référendum d’autodétermination pour le Sahara occidental et a prévenu que la recrudescence des tensions entre le Maroc et le Front Polisario constitue une menace pour la stabilité de la région.

Les incidents de Guerguerat sont les plus graves depuis 2016, lorsque le Maroc a commencé les travaux de rénovation et d’asphaltage d’une route dans un territoire officiellement sous le contrôle du Polisario. Le Maroc et les Sahraouis ont envoyé des forces armées dans la région, mais elles se sont retirées après l’intervention de l’ONU pour éviter une escalade.

Guerguerat est sous contrôle marocain et constitue le principal poste frontière avec la Mauritanie. Rabat considère la zone située entre le poste et la frontière avec la Mauritanie comme un « no man’s land », tandis que le Front Polisario la considère comme son propre territoire et affirme que cela figure dans l’accord de cessez-le-feu signé par les deux parties en 1991.

L’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental a été occupée par le Maroc en 1975 malgré la résistance du Front Polisario. Le cessez-le-feu a été signé en vue de la tenue d’un référendum d’autodétermination, mais des divergences sur l’établissement du recensement et l’inclusion ou non des colons marocains ont jusqu’à présent empêché sa convocation.

Europa Press, 6 avr 2021

Etiquettes : Sahara Occidental, Maroc, ONU, Mohammed VI, Guerguerat, cessez-le-feu, Conseil de sécurité, envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU por le Sahara occidental, Union africaine, Front Polisario, plan d’autonomie, Algérie,

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