Algérie / Les bonnes intentions…

Le respect de la Constitution, des lois de la République concept désormais quasi-sacré, serait l’une des caractéristiques du processus de sortie de crise. En témoigne d’ailleurs, la nouvelle loi organique relative au régime électoral. Cette perception juste de la démocratie est le fruit de la croyance populaire en la nécessité de l’existence d’un Etat de droit qui conditionne le présent et le futur de la Nation à travers l’épanouissement et l’internalisation du concept moderne, tel que la nation, la démocratie, les valeurs républicaines et le dialogue.

Les nouveaux concepts amplement définis par la nouvelle Loi fondamentale du pays régissant la société sont à même de mettre définitivement fin au marasme de tout genre vécu par le pays. Mais tout le problème, c’est qu’on ne peut vouloir une chose et à la fois dans un esprit de surenchère. Il est bien regrettable de constater que le Hirak depuis le mois de février dernier a opéré un glissement dangereux semant dans son passage une nouvelle discorde à risque et mettant le feu au poudre pour des visées autre que pacifique.

Tout compte fait, on a tout d’un coup le sentiment qu’on cherche à effacer tous les acquis engrangés. La preuve à l’intérieur même du Hirak, chaque acteur, chaque partie n’ont plus que le souci de tracer un territoire pour faire triompher son propre agenda. Un acte bien éloigné de l’esprit des revendications du mouvement citoyen, de l’esprit de dialogue qui implique écoute, tolérance, compromis et volonté de faire du chemin ensemble dans la paix et la stabilité.

L’objectif recherché est de pouvoir atteindre un stade dans un cadre consensuel afin de conforter la conjoncture actuelle sur le plan de la préservation de la sphère socio-politique et la stabilité macro-économique, à œuvrer de concert à poursuivre la marche vers l’édification de l’Algérie dans un nouvel esprit de gouvernance, d’autant que les véritables enjeux d’aujourd’hui concernent essentiellement l’avenir de toute la Nation face à un monde changeant qui dévoile à chaque instant une nouvelle façade de  » férocité « .

Face à ce préalable majeur et pressant, les sujets spécifiques qui se révèlent sans contraintes, sans conditions politiques devraient être traités avec la plus grande sérénité afin d’aller de l’avant pour sortie de crise adéquate et sans accros majeurs. Dans cet esprit, il est loisible de voir émerger une nouvelle force parmi la société civile, fruit de découvertes de la démocratie, dont les observateurs de la scène nationale estiment qu’il est facile à saisir les principes, les opportunités et les conséquences de  » grande portée « . Mais les mêmes voix pensent que tout le monde peut réévaluer l’ensemble de la situation politique, économique et sociale du pays, en particulier le meilleur intérêt de la Nation tout entière. Sans doute, et parce que les nombreuses incompréhensions qui existent dans le paysage socio-politique et que les manifestations hebdomadaires de vendredi et samedi ont mis en lumière, les équivoques et les querelles secondaires le démontrent. La bataille qui s’annonce avec l’édification de la nouvelle Algérie, sera celle de la communication, du dialogue et de la communication mais aussi de l’échange permanents, éléments fondamentaux qui conditionnent la réalisation d’un meilleur avenir et à plus forte raison la jeunesse et la société civile.

Cette bataille est donc l’œuvre de tous et chacun parce qu’il n’y a pas de « presse-bouton  » à un niveau ou à un autre car c’est l’affaire de tous les citoyens et citoyennes parce que l’intolérance, la violence politique et les déchirements sont les  » enfants légitimes  » de l’étouffement de l’expression démocratique.
B. C.

Le Maghreb, 5 avr 2021

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