Manifestants réprimés : le front social gronde au Maroc

Sit-in, grèves ou encore rassemblements réprimés par les forces de l’ordre marocaines : plus d’une vingtaine de mouvements de protestations, de différents secteurs, ont été recensés durant les quinze derniers jours du mois de mars, dans tout le pays. Signe d’un climat social tendu.

Baptisées « la semaine de la colère », les principales villes marocaines ont été le théâtre de protestations menées par les enseignants contractuels. A Rabat, Fès, Tanger, Casablanca, Agadir, Marakech et même dans la ville de Lâayoune, au Sahara Occidental, les enseignants contractuels ont manifesté, à la fin de ce mois de mars, leur colère et appellent le ministère marocain de l’Education à ouvrir les portes du dialogue et répondre à leurs revendications socio-économiques.

Le secteur de l’Education en ébullition

Un mouvement de protestation qui a pris de l’ampleur après que la police marocaine ait violement réprimé une manifestation d’enseignants, à Rabat, le 16 mars dernier. En effet, c’est en solidarité avec leurs collègues violentés par la police, que les enseignants contractuels poursuivent les protestations. Même les élèves ont protesté par dizaines, dans plusieurs villes marocaines, contre les violences policières subies par les enseignants protestataires.

A Tetouan, Les enseignants contractuels ont également tenu un rassemblement de soutien à l’un de leurs collègues, renvoyé pour avoir critiqué la politique menée par le ministre marocain de l’Education. Cet enseignant a payé le prix fort pour avoir tenu tête à la tutelle.

Les défenseurs des droits de l’Homme également mobilisés

Lui et de nombreux autres directeurs d’établissements scolaires ont refusé de fournir la liste de leurs collègues grévistes. En effet, le secteur est secoué par de multiples mouvements de protestations, au sein des différentes catégories des personnels éducatifs. Le 22 mars dernier, ils étaient plus de 20 mille directeurs, surveillants généraux et autres directeurs des études à entamer une grève nationale de trois jours, pour réclamer la prise en charge de leurs revendications socio-économiques.

La marche des enseignants réprimée à Rabat a suscité l’indignation générale. Dans un communiqué, la Ligue des droits des femmes dénonce « un acharnement contre les enseignantes.» Pour autant, les forces de l’ordre marocaines restent inflexibles. Plusieurs autres rassemblements de solidarité avec le peuple palestinien, organisé devant le parlement et dans différentes villes du pays pour dénoncer l’accord de normalisation avec l’entité sioniste, ont également été dispersés par la force.

Les mesures de prévention anti-covid19 décriées de toutes parts

La gronde socio-économique ne faibli pas. Elle est même exacerbée par les mesures restrictives de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid19, imposée par le gouvernement marocain. Dans ce pays où l’économie repose sur l’activité touristique, les conséquences sur les professionnels du secteur sont désastreuses. Dans tout le Maroc, les patrons de cafés protestent pour réclamer un assouplissement des mesures de prévention anti-Covid19. C’est également le cas des transporteurs de voyageurs. Ils multiplient les rassemblements de protestation à travers le pays et dénoncent, l’absence d’une politique marocaine d’aide ou de compensation des pertes économiques liées au Covid19, comme l’ont fait les autres pays.

Etiquettes : Maroc, gronde, situation socio-économique, Sit-in, grèves, rassemblements, répression, la semaine de la colère, enseignants contractuels, mesures restrictives de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid19, coronavirus, pandémie, cafés, restaurants, transport,