Algérie : La jeunesse et la pratique politique

L’un des aspects les plus déterminants dans l’affirmation définitive de la nouvelle République est lié aux taux de participation aux prochaines élections législatives. Il va sans dire néanmoins que la seule participation ne constitue pas l’unique élément d’appréciation des changements politiques profonds qu’induira le scrutin du 12 juin prochain. La qualité de la composante de l’Assemblée populaire nationale, la crédibilité des députés et la force des débats au sein de l’hémicycle et en dehors, ainsi que le rapport des députés aux citoyens, sont autant de facteurs de réussite ou d’échec de la première législature de la nouvelle Algérie.

Il reste, cependant, que l’engouement que pourrait susciter ces élections auprès de l’électorat demeure une importante variable d’appréciation de l’engagement citoyen pour fonder la nouvelle République. Lequel citoyen a besoin de faire confiance à l’Autorité nationale indépendante des élections qui reste un acteur central et déterminant dans la crédibilité du scrutin.
Il faut savoir au passage que depuis 1995, année du retour du processus électoral qui a vu l’élection de Liamine Zeroual à la présidence de la République, l’Algérie n’a manqué aucun rendez-vous avec les urnes.

Certaines élections étaient ouvertes à la supervision internationale d’autres pas. Mais il y a lieu de retenir que toutes se sont déroulées dans de bonnes conditions. L’on n’a pas vu de bagarres autour des centres de votes, ni de batailles rangées entre partisans de candidats avant ou après un meeting électoral.

Grâce à un sens de civisme, dont font preuve les Algériens, que certains voudraient qualifier de désintérêt de la chose politique en Algérie, il a été clairement établi que la société politique algérienne ne satisfait pas la majorité des citoyens. Et encore moins les jeunes générations qui, sans s’insurger contre l’élection en tant que mode moderne de désignation des responsables politiques locaux et nationaux, semblent reprocher à ces hommes politiques des insuffisances.

Ceci étant dit, il est nécessaire que les deux sphères se rapprochent dans l’intérêt du pays. Et ce rapprochement ne peut se faire que dans un seul sens : du politique vers la jeunesse. Mais à voir la loi électorale qui rend inéligible la majorité de la classe politique actuelle, la jeunesse a un rendez-vous avec elle-même. En d’autres termes, les partis sont dans l’obligation d’associer la jeunesse s’ils veulent survivre dans la nouvelle Algérie. Et ce sera à ces jeunes de trouver les moyens d’intéresser les Algériens, non pas seulement dans le discours, mais aussi dans son propre mode de gouvernance interne. Il faut arriver à une situation où le jeune se retrouve dans la pratique politique.

Par Nabil G.

Ouest Tribune, 4 avr 2021

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