Algérie : Dans quel art excelle le pays ?

par Abdelkrim Zerzouri


Un autre concept, nouveau en Algérie, fait son entrée dans le lexique de l’économie diversifiée. Economie du savoir, startups, économie circulaire…et maintenant, c’est l’économie culturelle qu’on tente de propulser dans le décor. L’Algérie n’est pas du tout habitué à naviguer hors du système rentier, et ce serait, donc, peu de dire que le pays est retard en matière investissement dans de tels créneaux, mais un premier pas, aussi petit soit-il, est toujours annonciateur de réveil et d’espoir.

Ainsi, l’évènement de ce mois d’avril, qui a une charge symbolique historico-culturelle de par sa coïncidence avec la célébration la journée du Savoir (16 avril), reste ce premier Forum de l’économie culturelle qui a été inauguré, hier (samedi 3 avril) par le Premier ministre, avec le concours de plusieurs département ministériels, dont celui de la Culture et des Arts, experts économiques et culturels, universitaires, acteurs culturels et établissements de la culture.

Reste maintenant à savoir comment faire de cet évènement un levier pour pousser l’entreprise culturelle vers le succès ? Les pouvoirs publics ont un rôle de base très important à jouer dans ce contexte, et le Premier ministre semble convaincu de cette évidence, lui, qui a promis, lors de son intervention, de soutenir les initiatives portées par les jeunes, soulignant également «la nécessité de réhabiliter le métier de l’artiste et des acteurs de la culture de manière générale.» Il serait, surtout, primordial de promouvoir le marché de l’art d’une manière générale, étouffé par une législation très contraignante et des pratiques frappées de suspicion de trafic.

Dans son intervention, le Premier ministre a indiqué que «le développement de l’économie culturelle est au cœur même de la politique du Gouvernement», ajoutant qu’il «encourage la production culturelle et cinématographique en milieu scolaire », mais cela pourrait-il suffire pour donner son empreinte économique à la culture ? Sans l’investissement privé, il ne peut y avoir d’économie culturelle. Difficile de sortir du carcan de l’assistanat dans cette sphère longtemps sous l’influence et le soutien financier total de l’Etat. Un état de fait qui a contribué à la création d’un univers culturel fermé et sa clé avalée par des ventres assoiffées de gains sans chercher ni art ni manière.

Le Gouvernement a plus que raison d’orienter les efforts dans le sens d’une économie de la culture, créatrice de richesses et d’emplois, mais la tâche sera des plus difficiles, plus difficile que celle engagée dans d’autres nouveaux sentiers économiques. Les artistes sont une denrée rare, et le peu que possède le pays n’a pas le statut mérité.

On définit l’économie de la culture comme « un secteur d’activités articulé autour des arts créatifs originaux, ayant une incidence économique et qui génère des bénéfices sociaux par la création, la production et la distribution de biens et de services dans différents domaines culturels, partant du livre et aller au cinéma, à la musique, le spectacle…» Certains pays, y compris arabes parmi eux, ont fait de l’industrie cinématographique et la musique deux vecteurs de réussite dans l’économie culturelle.

D’autres ont investi dans le spectacle. Chaque pays chercherait où se situe sa force culturelle, pour ne pas disperser les efforts, et l’exploiter à fonds la caisse. C’est ce qu’on devrait faire, chercher dans quel art excelle le pays, pour en faire une locomotive dans la promotion de l’économie de la culture?

Le Quotidien d’Oran, 4 avr 2021

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