Algérie : Foot et hors-jeu politique

Djamel Belmadi , sélectionneur de l’équipe d’Algérie de foot, a été reçu récemment par le Président Abdelmadjid Tebboune…qui, juste après la victoire de l’Algérie sur le Botswana et via son compte Twitter, a félicité Belmadi et ses joueurs pour le remarquable parcours, qu’ils ont effectué dans ces qualifs de la CAN 2021. Et leur a réitèré son soutien pour la suite, à savoir le périple qualificatif pour la coupe du monde de football de 2022 au Qatar.

«Nous vous soutenons ya Abtal » a dit en substance, le Président de la république.

Ah le foot et la politique ! Jeu de ballon envoûtant qui fait oublier aux mordus jusqu’à leurs plus graves soucis.

Le foot…opium des peuples, qui vous fait planer, quand votre moral est dans les chaussettes.

Le foot, et l’amour suspect des politiques, pour ce jeu, dont les fans sont appelés les gueux…du stade.

Boutef en délicatesse politique et sociale au milieu de son règne, sauva son sceptre, en «organisant» un pont aérien entre Alger et Khartoum, et conforta son koursi via «Malhamat (épopée) Oum Dorman». Il prolongea l’exercice de son autocratie grâce au « Goal » de Antar Yahia.

Le foot comme facteur d’apaisement social, ou comment une coupe d’Afrique, ou un match mémorable en coupe du monde, peuvent changer le destin…des gouvernants.

Ben Bella bassina les premières foules crédules de l’indépendance, en tapant-habillé en costume Mao- dans un ballon de foot, et en déclarant sa flamme à l’USMA.

Boumédienne nationalisa le foot car peu féru. Chadli viva longtemps sur les dividendes d’un certain Algérie-RFA en 1982. Et Boutef engrangea les bénéfs d’Oum Dorman.

Et Tebboune ? Il ne doit pas être en reste. Car le foot, avec ses exploits et ses échecs, s’inscrit dans l’histoire des peuples comme un Austerlitz ou un Waterloo. Et de cela, les gouvernants n’en sont pas ignorants. Sinon c’est le hors-jeu ( politique)…sifflé par un peuple en colère…dans les 18 mètres du terrain social.

Tebboune recevant Belmadi dans la surface de réparation d’El Mouradia…il y’a comme une passe qui vient d’une arrière-pensée politique, et qui essaie de se faufiler entre la tactique gagnante du sélectionneur et celle pas encore décisive d’un président, s’essayant à une aile de pigeon en direction d’un peuple Hirakisé, mais peut-être pas aussi dupé par le foot, qu’on le pense.

Mais attention ! Le match entre la politique et le foot…bifurque souvent vers des prolongations incertaines.

La Nation, 31 mars 2021

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