Algérie : La fin des marchandages

La rupture avec l’ancien mode de gouvernance se précise. Une véritable démocratie retrouve toute sa crédibilité, affranchie du carcan d’institutions factices, fruit du clientélisme et du népotisme de l’autocratie. La mouture du projet de loi organique relatif aux élections, soumise aux partis politiques et au mouvement associatif, est une preuve supplémentaire qui renseigne sur les garanties d’une organisation d’élections libres et régulières, fondées sur la promotion de la compétence, longtemps mise sous le boisseau, du dévouement au sein des assemblées élues.

Une véritable volonté politique est perceptible au niveau des multiples garanties et assurances du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi que du président de l’ANIE, Mohamed Chorfi.

Ce projet augure d’une volonté de moraliser l’action politique, en déphasage quasi total avec les électeurs, par l’abolition de pratiques malsaines, à l’image du système des quotas, de la tête de liste presqu’institutionnalisés, ayant malheureusement permis l’intrusion de l’argent sale lors des élections précédentes. Un argent sale qui a scandalisé l’opinion publique, suborné les consciences et sonné le glas d’une compétition politique qui s’est singularisée par tant d’irrégularités.

Dans cette mouture, l’égalité est consacrée entre toutes les formations partisanes, les indépendants qui sont placés sur un pied d’égalité. Les candidats auront le droit de désigner des observateurs au niveau des bureaux de vote où la surveillance populaire sera généralisée. La liste ouverte donne la possibilité à l’électeur de choisir n’importe quel candidat. L’implication de la sphère politique, des acteurs du mouvement associatif, des jeunes et des différentes couches de la société en cette étape charnière de débat et d’enrichissement de ce texte, conformément aux amendements contenus dans la nouvelle Constitution, conforte les engagements d’Abdelmadjid Tebboune quant au respect de la volonté populaire.

Plusieurs pertinentes préoccupations sont avancées par les formations politiques. On peut citer, à titre d’exemple, le renforcement de l’indépendance de l’Autorité nationale indépendante des élections, le «nomadisme» des élus qui passent d’un parti à l’autre, la participation de la femme, le financement et le contrôle de la campagne électorale et référendaire, les éventuelles aides de l’Etat accordées aux jeunes candidats.
Une pléthore de sujets qui dénotent l’intérêt manifeste de la classe politique à l’égard d’un texte de loi, fondateur d’une nouvelle conception de la politique qui permettra de regagner la confiance du citoyen et suscitera son adhésion.

La balle est dans le camp des citoyens appelés à apporter leur pierre à l’édification d’un paysage politique tel que réclamé avec véhémence par le Hirak populaire.

Les futurs représentants du peuple seront mis devant la responsabilité de servir les citoyens et non se servir.

Les jeunes ont enfin la chance d’investir le champ politique, imbus de convictions éclairées et de grande probité, faisant prévaloir le service de la patrie.

El Moudjahid, 31 jan 2021

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