Le défi de l’intégration africaine

D’Alger à Lagos, et bien au-delà, la nouvelle Afrique trace son sillon dans la voie de la renaissance continentale. Imaginé, il y a près de deux décennies par les pionniers du Nepad, le rêve d’une Afrique unie et forte est devenu une réalité traduite en actes concrets par la mise en place d’une zone de libre-échange, entrée en vigueur le 1er janvier et ratifiée par 34 pays (sur les 54 que compte l’Union africaine) dont l’Algérie a été l’un des premiers signataires.

A l’épreuve de la pandémie qui a gravement affecté les économies africaines et révélé la tendance au repli sur soi des pays développés, la prise de conscience de plus en plus grande de la nécessité d’une accélération de ce projet ambitieux se fonde sur les énormes potentialités de l’Afrique, déterminée à relever le défi de la croissance et de la stabilité régionale, minée par la persistance des conflits et aggravée par l’ingérence des puissances étrangères. L’Afrique doit nécessairement se réapproprier le rôle central qui lui revient de droit dans la gestion des crises africaines pour faire «taire les armes» et retrouver sa place dans le concert des nations.

A la faveur de la Zlecaf, un grand pas a été fait par l’Union africaine forte des promesses d’intégration dans un marché qui compte 1,3 milliard de personnes et 3.400 milliards de dollars. Il s’agit indéniablement d’une opportunité pour combattre la dépendance, la marginalisation historique et la pauvreté. Ce projet phare de l’Agenda 2063 «reflète la parfaite volonté des Etats africains de renforcer leur intégration régionale et de créer un marché commun, favorisant l’amélioration de la performance économique du continent», a affirmé le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, lors de la rencontre de haut niveau organisée à l’occasion du 20e anniversaire du Nepad devenue l’Agence de développement de l’Union africaine.

Cette importante avancée, qui traduit la capacité de l’Afrique à «compter sur soi», s’appuie sur les acquis enregistrés par le Nepad qui a permis la réalisation d’nfrastructures nationales et régionales. En pionnier du Nepad, l’Algérie a œuvré au renforcement de la coopération régionale.

D’Alger au Lagos, et dans l’espace sahélien, l’approche intégrationniste se fonde sur la concrétisation de la route transsaharienne, le lancement de la fibre optique, l’instauration du hub aéroportuaire à Tamanrasset et la consolidation des mégaprojets des ports de Djendjen et Hamdania en poumon du commerce intra-africain. Le défi de l’intégration africaine est à portée de la nouvelle Afrique unie et solidaire.

Horizons, 29 jan 2021

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