Algérie : Le pétrole n’est pas tout…

La crise économique mondiale prend de l’ampleur à chaque instant, couplée à la crise sanitaire, elle se caractérise par une flambée des prix des produits sur le marché international. Cette situation ne permet plus la régulation des marchés mondiaux et locaux qui favorisent la sécurité alimentaire en particulier et le bien-être des populations dans nombre de pays à travers la planète. La notion de droit et de devoir des peuples à se nourrir fait apparaître la notion de droit collectif mais aussi la responsabilité collective dans ce domaine, car la mondialisation et la libéralisation économique du commerce ne suffisent pas à prémunir les intérêts des pays les plus pauvres, et ceux enregistrant des déficits en production agricole surtout.

L’Algérie face à ces déficits semble avoir pris ses devants pour faire face à cette situation économique très difficile, tout en pensant à l’après-pétrole. Le côté social prime jusqu’à présent avec l’adoption de soutien des prix certains produits alimentaires de base qui s’est avérée la meilleure solution pour la pérennisation de l’Etat social tout en permettant de réguler le marché national, et favoriser la sécurité alimentaire du pays. Ainsi, le droit du citoyen à se nourrir et à accéder à tout moment à une nourriture quantitative et qualitativement suffisante pour mener une vie saine et active, a été un engagement mené par l’Etat.

Celui-ci s’est tout d’abord appliqué à résoudre les problèmes d’alimentation au plus près des populations. Différentes décisions ont été prises pour répondre aux besoins alimentaires du pays. Les actions de régulation des produits agricoles de base que l’Etat a mises en place et les perspectives de développement, qui sont fixées au secteur de l’agriculture pour l’horizon 2024 avec comme objectifs une nouvelle situation qui met en exergue les atouts et les possibilités d’insuffler une nouvelle impulsion à la croissance agricole et développement durable des territoires ruraux ceux en particulier classés comme zones d’ombre. Il s’agit d’atteindre un certain nombre d’objectifs : la couverture des besoins alimentaires de base par l’accroissement de la production et de l’activité agricoles ; le développement d’un nouveau modèle agricole et rural, porté par l’investissement privé et l’émergence d’une nouvelle génération de producteurs ; l’amélioration de la compétitivité des produits agroalimentaires et forestiers et l’intégration des chaînes de valeur à l’international ; le développement durable et équilibré des territoires ruraux, notamment dans les espaces de montagnes, du Sahara et des zones frontalières, la modernisation de l’agriculture par l’intégration des produits de la connaissance et de la numérisation.

C’est aussi un recentrage sur les productions de base qui est visé, y compris la production laitière et celle des viandes, l’amélioration de l’activité agricole à travers l’élevage, la production des fertilisants, la production nationale de semences, le développement des capacités nationales de stockage et de conservation, et par la promotion de l’industrie agroalimentaire, et par conséquent l’entraînement du développement des industries et services d’accompagnement. Cette stratégie agricole nouvelle est d’autant plus importante et urgente tant le contexte mondial est caractérisé par l’émergence d’une crise économique sans fin et qui prend de l’ampleur, avec les effets du changement climatique qui s’expriment déjà par des sécheresses cycliques et fréquentes.

L’Algérie se doit dans l’immédiat de s’occuper de plus près à la protection de ses ressources naturelles et réactiver en permanence son programme national de lutte contre la désertification. Cela nécessite une implication directe des fellahs, des éleveurs, de la société civile, des opérateurs de l’agroalimentaire et des collectivités territoriales, une mobilisation accrue à la mesure des défis à relever pour assurer une réelle sécurité alimentaire et de fait consolider la souveraineté nationale.
B. C.

Le Maghreb, 28 jan 2021

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