République centrafricaine: un expert des droits se félicite du transfert d’un suspect de crimes de guerre à la CPI

La remise d’un ancien chef de milice centrafricaine (RCA) et soupçonné de crimes de guerre à la Cour pénale internationale (CPI) a envoyé un avertissement fort aux groupes rebelles, aux acteurs politiques et à d’autres personnes qui prospèrent dans l’impunité, a déclaré un expert indépendant des droits de l’homme de l’ONU. mercredi.

Les autorités centrafricaines ont remis dimanche au tribunal Mahamat Said Abdel Kani, commandant de la coalition rebelle Séléka, en raison d’un mandat d’arrêt émis sous scellés le 7 janvier.

M. Said est soupçonné d’être responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment de torture, de persécution et de disparition forcée, qui auraient été commis dans la capitale, Bangui, en 2013.

‘Un message fort’

«Le transfert de Mahamat Said Abdel Kani le 24 janvier envoie un message fort. La justice est un pilier essentiel du processus de paix et de réconciliation en cours et de la construction de l’état de droit », a déclaré Yao Agbetse, expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en RCA.

M. Said fera sa première apparition devant la CPI jeudi.

Le développement se déroule dans le contexte d’une nouvelle agitation en RCA entourant les élections de décembre.

La semaine dernière, le chef de la mission des Nations Unies dans le pays a appelé le Conseil de sécurité à demander davantage de soldats de la paix au milieu des attaques croissantes d’une alliance de groupes armés connue sous le nom de Coalition of Patriots for Change (CPC).   

La RCA a connu une histoire d’instabilité politique, mais elle est plongée dans la violence depuis 2013 lorsque la Séléka, une coalition majoritairement musulmane, a pris le pouvoir de l’ancien président, François Bozizé. Des milliers de personnes ont été tuées et déplacées lors des combats entre le groupe et principalement des milices chrétiennes, connues sous le nom d’Anti-Balaka.

Deux membres d’Anti-Balaka sont actuellement jugés à la CPI, qui est basée à La Haye, aux Pays-Bas.

Alfred Yekatom a été remis au tribunal en novembre 2018, et Patrice-Edouard Ngaïssona y a été transféré trois mois plus tard. Ils auraient été responsables de crimes comprenant des meurtres, des actes de torture, des attaques contre des civils et le recrutement d’enfants soldats.

La CPI a combiné leurs affaires «pour améliorer l’équité et la rapidité de la procédure», notamment en évitant la duplication des preuves et un impact excessif sur les témoins et les victimes.

En quête de justice

Le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a salué l’arrestation de M. Saïd dans un communiqué publié un jour après sa remise.

« Comme je l’ai déjà dit, mon Bureau poursuivra sans relâche justice pour les victimes d’atrocités criminelles en RCA », a-t-elle déclaré.

Pendant mon mandat en tant que Procureur, notre objectif a été clair. Les enquêtes sont, par définition, des processus silencieux et confidentiels, mais mon Bureau a travaillé d’arrache-pied depuis le début, sans broncher dans sa volonté de faire ce qu’il pouvait, dans un esprit équilibré et engagé. manière, de traduire les auteurs en justice, malgré les défis. L’annonce d’hier est une autre manifestation de cet engagement.  »

Le transfert de M. Said à la CPI fait partie de la lutte contre l’impunité et le besoin de justice pour les victimes de violations massives des droits humains en RCA, selon M. Agbetse, l’expert de l’ONU.

«J’appelle les autorités centrafricaines à créer les conditions qui mettront fin à l’impunité et rendront justice aux victimes», a-t-il déclaré.

M. Agbetse a encouragé la poursuite des enquêtes sur les personnes et les entités répertoriées par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies . Il a également soutenu les enquêtes en cours pour arrêter les personnes présumées responsables de violations, y compris les dirigeants du PCC et leurs partisans.

Rôle des experts indépendants

En tant qu’expert indépendant, M. Agbetse a été nommé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et n’est pas membre du personnel des Nations Unies et ne reçoit pas de salaire de l’Organisation.

Source : UN News, 27 jan 2021

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