Le silence d’Anthony Blinken sur le Sahara occidental en dit trop

Rabat – Le secrétaire d’État américain nouvellement assermenté Anthony Blinken n’a pas répondu hier à une question directe sur la position des États-Unis sur le Sahara occidental. Lors d’un point de presse censé marquer une nouvelle ère de transparence à la Maison Blanche, Blinken a choisi d’esquiver la question.

Lors de sa première journée de travail, le secrétaire d’État Blinken s’est entretenu avec la presse pour expliquer les positions et les priorités de la nouvelle administration en matière de politique étrangère. Blinken a parlé assez franchement de la politique de Biden concernant la Russie, l’Afghanistan et la Chine, mais s’est abstenu de fournir un élément clair lorsque le sujet du Sahara occidental a été abordé.

Question du Sahara occidental

Shaun Tandon de l’AFP a soulevé le sujet après que Blinken a parlé de la Russie. Tandon a mentionné que la disponibilité de Blinken à la presse était un «signal puissant» qui «est remarqué» par les médias.

Tandon a interrogé Blinken sur la position de l’administration Biden sur les accords d’Abraham, notamment la vente du F-35 des EAU et sa position sur le Sahara occidental.

«Avec le Maroc, les États-Unis reconnaissent-ils toujours, et comme l’a dit l’administration précédente, la souveraineté marocaine au Sahara occidental? Demanda Tandon.

Blinken a choisi sa réponse avec soin, choisissant de rester à l’écart de la question du Sahara occidental. »Comme nous l’avons dit, nous soutenons fermement les accords d’Abraham», a commencé Blinken.

« Nous pensons qu’Israël normalisant ses relations avec ses voisins et d’autres pays de la région est une évolution très positive », a-t-il proposé, réitérant une position déjà publique de Biden.

Même s’il a esquivé le débat sur le Sahara occidental, Blinken a suggéré que la nouvelle administration américaine maintiendrait principalement les accords d’Abraham. «Nous les avons applaudis et nous espérons qu’il y aura peut-être une opportunité de s’appuyer sur eux dans les mois et les années à venir», a-t-il déclaré, se concentrant ensuite exclusivement sur les ventes d’armes aux EAU.

Réponse évasive

Le nouveau secrétaire d’État a gardé la réponse étroitement concentrée sur les Émirats arabes unis, où Biden a déjà parlé de la fin du soutien à la guerre au Yémen. Les ventes d’armes aux EAU seraient examinées «pour s’assurer que ce qui est considéré est quelque chose qui fait avancer nos objectifs stratégiques et fait avancer notre politique étrangère», a conclu Blinken.

Alors que le modérateur du point de presse passait à un autre reporter, Tandon de l’AFP a réussi à demander «et le Maroc?» Mais Blinken et l’attaché de presse avaient clairement l’intention de passer à autre chose.

L’obscurcissement de Blinken sur le Sahara occidental semble être un choix conscient. L’administration Biden a d’importants défis nationaux à relever et semble hésiter à prendre des mesures sur cette question de politique étrangère particulière.

Biden semble réticent à s’aliéner un allié régional clé des États-Unis au Maroc, ou à s’opposer au large soutien israélien aux accords récents. L’administration américaine est également bien consciente que renverser les percées négociées par Trump sur la question du Sahara mettrait de manière décisive en danger les liens étroits entre les forces armées marocaines et l’armée américaine.

Lorsqu’il s’agit d’éviter les questions, le silence d’un politicien peut parfois en dire long.

The World’s News.net, 28 jan 2021

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