Algérie / Parler d’amour et de Covid !

par Malika Boussouf

J’ai conscience combien c’est peu sexy de parler, encore et encore, de pandémie, de Covid-19 et des variants brésilien, sud-africain, anglais, jamaïcain et autres qui augmentent le risque et rappellent que la blague meurtrière que nous font ces derniers sera encore là pour pas mal de temps.

Seulement voilà… Entre parler d’amour et de toutes les raisons qui nous donnent envie d’entamer une journée dans l’allégresse et de s’inventer des histoires qui adoucissent nos craintes et se ronger les sangs, parions que face à pareil dilemme chacun optera pour la situation la moins périlleuse. Celle qui causera le moins de dégâts dans sa vie. Mais il ne suffit, hélas, pas de claquer des doigts pour atteindre l’extase évoquée plus haut. Il faut d’abord envisager le pire qui empêcherait cette dernière, si l’on ne prenait pas les mesures qui sauvent. Si l’on ne prenait pas plus sérieusement, pardon d’insister là-dessus, la mesure du danger désormais inscrit dans les gènes de la «nouvelle Algérie» que l’on dit vouloir offrir aux Algériens et à laquelle rien n’interdit de croire.

Empêcher le virus de muter, de progresser et de se multiplier pour une nouvelle pandémie. Un danger et de grands risques dont, en haut lieu, on ne semble pas vraiment prendre la mesure. Et même si l’on n’a pas forcément envie de le dire en ces termes, il faut bien admettre les lacunes qui transparaissent au fur et à mesure qu’ailleurs d’autres entités annoncent ce qui leur reste à dépenser comme énergie pour barrer la route au mal sans jamais prétendre avoir atteint la perfection. Israël achète le vaccin deux fois plus cher pour pouvoir vacciner un maximum !

Dans d’autres pays, on reproche aux responsables de ne pas aller assez vite. Chez nous, on aurait trop réfléchi avant de passer commande et le laboratoire AstraZeneca, auquel on se serait adressé, n’aurait reçu aucune commande.

On parle d’un refus chinois de livrer le vaccin parce que les nôtres auraient contourné le fournisseur officiel en passant par un intermédiaire. Et les Russes, alors ? Ils voudraient, dit-on, l’exclusivité. Et si à force de tergiverser nous avions perdu la liberté de diversifier nos choix ?

Le Soir d’Algérie, 28 jan 2021

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