Algérie : Les messages de Chanegriha adressés au Maroc

Terrorisme et situation dans la région -Les messages de Chanegriha

par Kamel Amarni

Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée Saïd Chanegriha, a entamé, hier dimanche, une visite de travail et d’inspection en 3e Région militaire à Béchar d’où, dès son arrivée, il livrera quelques messages forts, dans un contexte marqué par une forte tension, provoquée et entretenue dans la région, par l’encombrant royaume voisin.

Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Première halte de cette visite, le Secteur opérationnel Sud Tindouf (SOST), où Chanegriha présidera une réunion avec les cadres de ce secteur. Occasion pour lui de prononcer un discours très clair dans sa teneur.

« Nous avons veillé, au sein de l’Armée nationale populaire, à accorder une importance primordiale à la sécurisation de toutes nos frontières nationales, suivant une stratégie homogène et une approche globale, traduite intégralement et avec rigueur sur le terrain, notamment au regard des conditions délétères qui caractérisent notre région et ce, en resserrant l’étau de manière continue sur les hordes criminelles en les éliminant, de façon à prémunir notre pays contre les dangers et les menaces et préserver son territoire et son peuple de toutes les sources de menaces multiformes et multidimensionnelles .»

Effectivement, et davantage depuis quelques mois, cette région, déjà hautement sensible depuis toujours, est devenue extrêmement préoccupante pour les autorités algériennes et nos services de sécurité qui doivent, tout à la fois, faire face aux « traditionnels fléaux » comme le terrorisme et le trafic de drogues, et les manœuvres et provocations marocaines.

2020 aura ainsi été une année qui verra un Rabat particulièrement belliqueux et agité. Sur le terrain, l’on notera que les quantités de drogues que le Makhzen « expédie » chez nous ont atteint des proportions exceptionnellement importantes pour être le fait de « simples » trafiquants. Il s’agit bel et bien d’un acte de guerre perpétré par l’État marocain. Et ce n’est pas tout ! En arrière-plan, Rabat aura poussé ses provocations jusqu’à entreprendre, il y a quelques mois, la construction d’une base militaire tout près des frontières algériennes.

Un projet, affirment des sources au fait du dossier, que l’armée de Sa Majesté a lancé en coopération avec son homologue israélienne.
Ce que confirme, du reste, l’officialisation de la normalisation du 10 décembre dernier.

Le Maroc, qui n’a pas les moyens de ses ambitions expansionnistes, a, en effet, besoin, et c’est une tradition chez lui, de se mettre sous tutelle de puissances comme la France, Washington et, désormais, Tel-Aviv pour maintenir sa domination sur un pays, le Sahara Occidental. Quitte à mettre en péril sa propre souveraineté mais, surtout, la paix et la stabilité de toute la région. Comme c’est le cas, d’ailleurs, depuis quelques semaines. Ce n’est pas un hasard si le patron de l’état-major de l’ANP lancera cette précision : « Nous œuvrons (…) à poursuivre le renforcement des capacités du corps de bataille de l’Armée nationale populaire et fournir les conditions permettant d’élever sa disponibilité, de façon à garantir l’amélioration et la promotion de la performance opérationnelle et de combat de l’ensemble de ses dispositions et composantes, afin de relever tous les défis. Je dis bien tous les défis, quelles que soient leurs natures.»

L’ANP, affirmera encore son chef d’état-major, est plus que jamais déterminée à « mettre en échec tous les desseins hostiles qui, dans un passé récent, ont essuyé un échec cuisant en essayant d’employer le virus du terrorisme et d’en faire un autre moyen abject et destructeur pour concrétiser des objectifs suspects et tendancieux ; des tentatives qui échoueront aujourd’hui et demain dans toutes leurs ignobles manœuvres ».
L’on ne peut être plus clair, en effet.

Le Soir d’Algérie, 18 jan 2021

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