Liban : festin dans un nid de vautours (1re partie)

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de la situation dramatique et confuse du Liban, il faut rappeler quelques éléments historiques concernant les néfastes interventions étrangères dans la région.

En 1920, à la faveur de l’effondrement de l’empire Ottoman, et en application du plan de dépeçage connu sous le nom de Spykes-Picault, les deux plus grandes puissances colonialistes du monde, l’Angleterre et la France ont arraché une partie du territoire syrien pour créer un pays à leur dévotion, le Liban. Le plan portant les noms des responsables des affaires extérieures des deux puissances impérialistes avait été dévoilé par le pouvoir soviétique qui l’avait découvert dans les archives de la Russie tsariste, 3e brigand auquel étaient promis des morceaux du festin.

Ces puissances ont déchiqueté le Moyen Orient. Elles n’en étaient pas à leur premier forfait pour drainer les ressources des pays assujettis par la force. Le découpage et le partage de l’Afrique effectué à Berlin en 1882 entre des deux puissances coloniales et l’Allemagne nouveau prétendant aux débouchés extérieurs a été une parfaite illustration de la tendance du capitalisme à ne tolérer aucune entrave territoriale à son expansion illimité, quitte à semer le chaos quand il n’arrive pas à réaliser ses fins en attendant d’obtenir la reddition des peuples dont il a saccagé la vie.

En passe de perdre définitivement leur hégémonie dans le monde face à la poussée des USA, puissance montante rompant avec la doctrine isolationniste qui avait correspondu à la phase de l’accumulation interne du capital, la Grande-Bretagne et la France ont continué leur sale besogne avec le partage de la Palestine. Ainsi l’existence même du peuple palestinien était niée avec la création arbitraire de l’État sioniste dont l’espace est en extension continue grâce au soutien ouvert ou tacite des trois grandes puissances impérialistes régentant le monde. Extension marquée par l’occupation du Golan en 1967 et son annexion.

Les nouveaux pays nés sous la violence des puissants ont été conçus non pas, par la volonté d’un peuple, mais arbitrairement sans discernement des populations. C’est l’origine de tous les désordres sur l’ensemble du Moyen Orient. Les pays spoliés d’une partie de leur territoire n’ont jamais accepté le fait accompli. C’est le cas de la Syrie et de la Palestine qui ne font que se battre pour recouvrer leurs droits légitimes sur les territoires dont Israël s’est emparé.

En dépit de quelques désaccords de forme, dont le fond porte sur le partage en commun du butin, toutes les puissances impérialistes poursuivent leur sinistre besogne. Leurs manigances provoquent plus ou moins la décomposition des Etats de la région. La Palestine et le Liban sont les plus touchés par la mainmise impérialiste.

La France en particulier est en pointe au Liban qu’elle considère comme son près carré au même titre que la Françafrique avec cette différence qu’elle échoue à placer à la tête de ces pays des hommes, ou plutôt des valets, entièrement soumis à ses désirs géostratégiques. La résistance incarnée par divers courants objectivement hostiles à toute forme de diktat extérieur, même lorsqu’elle revêt des couleurs religieuses, est le facteur explicatif de l’échec des ingérences permanentes, au prix, malheureusement de terribles souffrances pour l’immense majorité du peuple libanais et du saccage de l’économie de ce pays.

Des alliances et mésalliances entre puissances impérialistes et puissances régionales, Turquie, Arabie Saoudite, Israël, et d’autres qui veulent jouer dans la cour des grands, se font et se défont. Les grands Etats impérialistes et les monarchies du Golfe constitue un bloc de vampires qui interfèrent sans interruption sur les rapports de forces internes du Liban, une des clés du contrôle et du pillage des richesses des pays sous leur domination. A l’échelle régionale comme à l’échelle régionale les Etats impérialistes veillent à ce que leurs multinationales chapeauté par le capital financier maître absolu de l’économie des pays parvenus au stade impérialiste, réalisent les taux de profit les plus élevés en drainant vers leurs banques tous les flux d’argent générés par l’exploitation des travailleurs et des petits producteurs. Ce n’est pas un conflit religieux opposant les populations de la planète. La seule religion du grand capital financier est celle du profit maximum.

Le Liban, le pays des cèdres bleus, une merveille de la nature, semble être en proie à une complète décomposition.

D’après certaines données publiées dans des archives anciennes, la population du Liban serait environ 6 millions d’habitants, mais plus de la moitié vit à l’étranger. 95 % de la population serait Arabe et même si une partie se réclame de la chrétienneté, environ 40% de la population, dont la moitié sont maronites. Il existe aussi ne petite minorité de Druze (5%) et une communauté chiite plus importante, dont on ne connaît pas le nombre. La langue parlée est l’arabe. C’est donc bien un pays arabe. Dans l’ensemble c’est quand même une population hétéroclite, d’où une certaine difficulté qui entrave son existence en tant que pays souverain.

Apparemment ces données ne correspondent plus à la réalité. Le dernier recensement de la population date de 1932, autant dire qu’il est complètement obsolète. Le colonialisme français avait imposé son omniprésent au Liban à sa création en 1920. Et c’est en 1943, que la France encore mandataire, va imposer un système politique en apparence absurde sorti du chapeau d’un personnage débile, mais produit en fait d’une logique diabolique dont la finalité se résumé dans la ruse vieille comme le monde depuis que l’exploitation est apparue « diviser pour régner ». Le régime mis en place par la « France des Lumières chargées d’une mission civilisatrice auprès des peuples sauvages » est un régime confessionnaliste. Il consiste à partager les pouvoirs non plus entre partis politiques mais entre mouvements. Un pacte national conclu par un accord oral a réparti les forces communautaires au sein des différences fonctions politiques. Ainsi, suivant cet accord, le poste de président de la république sera occupé par un chrétien maronite, celui du premier ministre par un sunnite et celui de président de la chambre des députés par un chiite. C’est un accord complètement opposé aux idéaux démocratiques qui soufflent sur le monde depuis deux siècles. En outre, il ne peut pas fonctionner du fait des difficultés de recensement exact des mouvements religieux très fluctuants en cette époque marquée à la fois par le progrès des consciences et régressions favorisées par les classes dominantes dont le souci permanent est de diviser les masses qu’elles exploitent en provoquant des guerres de religion ou des conflits linguistiques.

La question technique résultant de ce montage institutionnel abracadabrant est : qui effectue ce recensement ? Mais le plus grave c’est que ce système va concerner toute la société. On ne va pas choisir un ingénieur en fonction de ses qualités professionnelles mais en fonction de ses convictions religieuses supposées acquises irrévocablement à la naissance religieuse. Et c’est valable pour tous les postes de responsabilité. Évidemment cela ne pouvait pas fonctionner. Les responsables religieux, un magma hétéroclite subissant et véhiculant toutes les contradictions de la société ainsi que les calculs sordides ou mafieux des couches privilégiées, vont s’entre-déchirer pour occuper les meilleures places et surtout s’accaparer des plus gros morceaux du gâteau. Et dans ce système seul le colonialisme français trouve son compte. Certains de ces mouvements religieux sont de type fasciste à l’image des groupes chrétiens phalangistes. Des groupes porteurs d’une idéologie rétrograde naissent au sein des musulmans. Ils sont inspirés par les résidus de la féodalité, par des bourgeois affairistes et pleins de fric, affiliés à telle ou telle puissance impérialiste ou théocratie du Golfe. Des franges de la petite-bourgeoisie atteinte de plein fouet par les crises économiques engendrées par l’instabilité se rallient à ces idéologies rétrogrades et arrivent à prendre la tête du mécontentement populaire pour le dévoyer vers des solutions mystificatrices qui attisent les divisions secondaires au sein de la population. Il n’est pas question d’unité nationale, mais de se remplir les poches. Le rapport des forces entre ces mouvements religieux est un véritable capharnaüm rempli de contradictions insolubles. Ce qui devait arriver arriva, les objectifs politiques sont camouflés derrière les mouvements religieux.

En 1975 la guerre civile éclate. Elle durera 15 ans. Des milices chrétiennes s’attaquent aux Palestiniens à la grande joie des sionistes et des USA qui ont tiré les ficelles pour débarrasser Israël de la résistance palestinienne. Ce fut un véritable désastre et un drame pour les libanais et qui persiste encore aujourd’hui. Plus de 150.000 morts, plusieurs milliers de blessés, 17.000 disparus, des centaines de milliers d’exilés ou de déplacés, le pays est sorti exsangue et entièrement détruit. Les causes de cette guerre sont multiples. Ce ne sont pas seulement les conflits internes qui en sont à l’origine. Même s’ils ont joué un rôle important ils sont estompés derrière les multiples diversions. Ce n’est pas la Syrie, ni les Palestiniens, qui l’ont déclenchée, mais bien les puissances impérialistes et en particulier la France et surtout l’État sioniste. Les Syriens et les Palestiniens n’ont fait que se défendre dans des conditions extrêmement difficiles. Ils luttent pour récupérer leurs terres accaparées par l’État sioniste avec le soutien ou la bienveillance des puissances étrangères. C’est bien la soldatesque sioniste, soutenue par les puissances impérialistes et avec l’aval de l’ONU, qui a chassé manu militari des milliers de Palestiniens de leur terre natale. Personne ne peut nier cette réalité. Les Palestiniens se sont réfugiés là où ils ont pu, en premier lieu en Jordanie et on sait ce qu’il le sort leur réserva.

Six ans avant, en septembre 1970, le roi Hussein de Jordanie leur avait envoyé son armée. Ce fut un véritable massacre. Plus de 10.000 Palestiniens ont péri. Le reste est chassé de la Jordanie. Les Palestiniens appellent cette tragédie de « Septembre noir ». Après cette tragédie, où pouvaient-ils aller, si ce n’est au Liban, le pays le plus proche qu’une frontière sépare de leur pays occupé par l’État sioniste. Par dizaines de milliers les Palestiniens affluent au Liban. Chiffre, bien sûr, énorme pour un petit pays. Mais les Palestiniens ne s’y installent pas en envahisseurs. Ils ne sont pas responsables de cette situation. Ils ont été chassés de partout sans ménagement y compris des pays dits frères. Evidemment, le Liban ne pouvait pas supporter une présence aussi importante, d’autant qu’à l’époque, la population devait avoisiner approximativement entre 2 à 3 millions d’habitants. On ne peut dissocier la situation au Liban du problème palestinien.

La direction de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et d’autres responsables s’est installée au Liban. Les Palestiniens s’organisent pour continuer le combat et lancer des attaques contre l’occupant sioniste. Le Liban va être complètement déstabilisé. Cela provoque un séisme politique d’une ampleur inégalée. Le consensus réalisé entre des mouvements confessionnels religieux qui arrivaient plus ou moins à gouverner le pays, éclate entre ceux qui sont solidaires et acceptent la présence des Palestiniens et les autres qui leur sont hostiles. Ainsi deux camps irréconciliables s’affronteront violemment. Le Liban est pratiquement ingouvernable.

D’un côté il y a les progressistes libanais sans cachet à caractère confessionnel, les Fedayins palestiniens, les musulmans sunnites ou chiites solidaires de la cause palestinienne et, de l’autre, les forces les plus réactionnaires du pays appuyées par l’État sioniste. Des milices chrétiennes ainsi qu’une armée du sud organisée, équipée par l’État sioniste et relevant directement de son commandement militaire mènent une guerre meurtrière contre les Palestiniens. La soldatesque sioniste intervient massivement et occupe carrément le Liban. Son aviation pilonne les camps de Palestiniens, attaque les civils désarmés, n’épargnant ni femmes, ni enfants et vieillards. Ils sont massacrés dans des conditions épouvantables. Le symbole de l’abominable tuerie de milliers de Palestiniens sans armes est le forfait perpétré à Sabra et Chatila en septembre 1982, dans la banlieue de Beyrouth, suite à l’accord imposé par les USA et la France sous les tirs des chars israéliens parvenus jusque dans la banlieue de la capitale du Liban.

Le Liban est un champ de bataille sordide, on massacre un peuple en silence. Après avoir incendié la région et provoqué un véritable désastre, après avoir laissé massacrer les Palestiniens, les puissances impérialistes, pompiers pyromanes comme souvent, interviennent pour « calmer le jeu », mais toujours en faveur de l’État sioniste. Dans la fournaise meurtrière provoquée par la soldatesque sioniste, de nombreux civils libanais solidaires des Palestiniens ont péri sans que personne n’y trouve rien à redire. C’est un véritable génocide contre le peuple palestinien. L’État sioniste doit être condamné pour crime impresprectibe contre l’humanité. Silence complice de l’ONU et ce, malgré la présence de la FINUL qui regardait ailleurs pendant le massacre des Palestiniens.

Depuis sa naissance, le Liban n’a jamais été vraiment indépendant. Les ingérences des puissances étrangères n’ont jamais cessé et en particulier celles de la France qui se croit chez elle et l’État sioniste qui occupe illégalement la Palestine et une partie du Liban.
Mais le Liban, le pays des cèdres, malgré un chaos généralisé provoqué et entretenu par les puissances impérialistes, est une entité nationale reconnue par la communauté internationale et membre à part entière de l’ONU. Le Liban est devenu indépendant en 1943. Des forces vives ont toujours existé dans ce pays. Elles ont résisté contre la mainmise des puissances étrangères, contre les forces rétrogrades du pays et en particulier contre la présence française et surtout contre ses ingérences grossières et le système du confessionnalisme qu’elle lui a imposée.

Dès le début, ce furent des communistes qui menèrent la lutte pour la souveraineté nationale du pays, d’abord contre l’immigration de colons juifs et surtout contre les invasions répétées du régime sioniste d’Israël. C’est en 1930 au Sud du pays, dans une région à majorité chiite où la population survivait dans un état endémique de pauvreté que le communisme libanais plonge ses racines. Un peu plus tard sera créée au Liban la Garde Populaire, le premier noyau de résistants communistes organisés contre les attaques sionistes sur les villages du Sud. Au début, les communistes libanais étaient liés organiquement au parti communiste syrien et portait le nom de parti du peuple. Ce n’est que plus tard, lors d’un congrès tenu à Beyrouth en 1943 qu’il devint véritablement autonome et pris le nom de parti communiste libanais (PCL). Mais les ponts ne sont pas coupés avec les communistes syriens. À l’époque son programme était profondément communiste, défense des travailleurs, lutte implacable contre les oligarques corrompues jusqu’à la garde qui régentent le pays et surtout contre la présence étrangère qui gangrène le pays. C’est aussi un parti propalestinien. Pendant la guerre civile il s’était tenu aux cotés des fédaïynes palestiniens en lutte contre la barbarie sioniste. Le PCL n’était pas seul dans la lutte en 1982, quand l’armée sioniste pénètre dans Beyrouth. Il s’était allié à d’autres organisations et participait au combat contre l’occupant. D’autres organisations existent, mais ayant très peu d’impact sur la vie politique du Liban.

Dans ce brouhaha politique généralisé du Liban, dans un marasme économique insoutenable, provoqué par les puissances impérialistes, qui a entraîné la paupérisation des masses populaires, et notamment la population chiite du sud libanais, un nouveau parti va sortir de cette déstabilisation du pays, le Hezbollah, littéralement le « parti de dieu ». C’est un parti islamique chiite formé par la fusion de plusieurs groupes de résistance chiites, à la suite de l’invasion israélienne du Liban en 1982.
Israël qui, de plus, convoite les ressources en eau de la région (notamment les fermes de Chabaa) a occupé une partie du Sud-Liban en 1977, profitant de la guerre civile. En 1982, il lance l’opération « Paix en Galilée », envahissant cette fois le territoire libanais jusqu’à Beyrouth. Le triple objectif des sionistes était d’écraser la résistance palestinienne, de stopper la menace syrienne qui avait déployé son armée jusqu’au Sud-Liban, et d’opérer une jonction avec des Forces libanaises, bras armé du Parti phalangiste, un parti le plus rétrograde et réactionnaire, inféodé aux puissances impérialistes, qui s’était illustré, avec l’aide et la complicité des sionistes, dans les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila.

Le Hezbollah n’est pas sorti de rien. Il est né d’un long processus politique, d’abord à l’intérieur du Liban, puisant ses racines dans une conjoncture internationale chaotique et dans les populations déshéritées et pauvres. D’autre part et surtout de la volonté politique syrienne qui va lui apporter sans compter toute l’aide et les ressources nécessaires à son développement. Il faut remarquer, que la Syrie était un pays laïque alors que les dirigeants du Hezbollah vont s’inspirer de la révolution islamique iranienne et même faire allégeance à l’Ayatollah Khomeiny. Avec un appui aussi important de deux puissances régionales, la Syrie et l’Iran, le Hezbollah connaît une ascendance politique fulgurante d’abord dans son pays de naissance et dans toute la région moyen-orientale.

Au Liban il devient le premier parti. Avec ses importants effectifs et le soutien des populations pauvres et de certaines organisations, il obtient le soutien de la majorité dans le pays. Il est donc aux portes du pouvoir. Mais le plus important c’est sa capacité d’action militaire dirigée principalement contre l’État sioniste et dans la défense des Palestiniens. En l’an 2000 suite à l’agression de l’armée sioniste contre son camp de base au Liban Sud, non seulement il résiste à cette attaque meurtrière mais il leur inflige une défaite cuisante et les chasse du pays. Ces exploits militaires sont fêtés par le peuple libanais et palestinien. Ainsi le Hezbollah a acquis une importante notoriété dans les masses populaires dans tout le Moyen Orient. Il apparaît comme le seul rempart contre l’agression permanente de l’État sioniste. Son armée aide l’armée syrienne dans son combat contre les intégristes qui occupent une partie du territoire syrien avec le soutien de tous les Etats impérialistes occidentaux et des monarchies du Golfe. Le Hezbollah est l’une des très rares organisations d’obédience islamique engagée dans la lutte contre la domination impérialiste. La révolution dont il a fait son credo ne sort cependant pas des limites du refus de cette domination. Ses références politiques ne vont pas jusqu’à mettre en question la propriété privée des moyens de production. Il y a une analogie avec les courants fortement imprégnés de religion qui avaient participé au lancement de l’insurrection armée le 1er novembre 1954 dans les rangs du FLN contre le colonialisme français. Leur influence était attestée par l’accolement de la référence à l’Islam à l’objectif de la république démocratique et sociale inscrit dans la Proclamation du 1er Novembre.

Mais il ne faut pas se méprendre sur les objectifs du Hezbollah. En tant que mouvement à base populaire il doit certainement renfermer dans ses rangs des courants potentiellement porté à pactiser avec une orientation à caractère socialiste. Mais pour quelle affirme son existence il lui faudra bien au préalable se séparer des courants réactionnaires pour qui l’Islam est un facteur de négation de l’existence des classes est de l’exploitation et d’atténuation, par la force si besoin est, de toute conscience de classe. En raison de son caractère composite qui étouffe l’élévation de la conscience sociale de ses bases prolétariennes, le Hezbollah ne peut que jouir du soutien des bourgeoisies libanaises, syriennes et iraniennes. Ces bourgeoisies sont mises en grande difficulté par le mécontentement populaire face aux inégalités, à la corruption, à l’absence de liberté démocratique.

Dans tous les pays arabes et islamiques les classes possédantes ont opté pour l’instrumentalisation de la religion afin de neutraliser le mouvement montant des classes laborieuses.

(A suivre)

LIES SAHOURA

Source : Alger Républicain

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