Maroc : Comment Hassan II s’est vengé de Jamal Abdel Nasser pour son soutien à l’Algérie dans la guerre des sables

Le sommet arabe de Casablanca, septembre 1965

Coup double pour Hassan II et un coup de poignard dans le dos des Arabes !

À la suite d’une grande enquête du journal israélien Yediot Aharonot, publiée mars 2015, on apprend l’impensable, sur les dessous et les liens entre deux grands événements : la guerre des six-jours, 5-10 juin 1967 et l’enlèvement de Ben Barka, le 29 octobre 1965. À la faveur de la déclassification de certaines archives des services secrets israéliens, deux Généraux, à la retraite, et anciens responsables de ces services divulguèrent la collaboration entre Hassan II et Israël et la trahison, avérée, de la cause arabe, lors du sommet de Casablanca, du 13 au 18 septembre 1965.

Ces révélations font partie maintenant du domaine public. Les détails révélés donnent le vertige et la nausée et jettent une ombre sur le rôle que s’attribua Hassan II comme « Président du Comité Al Qods ». Le deal machiavélique proposé par Hassan II aux israéliens : Aidez-moi à mettre la main sur Ben Barka, je vous aide à neutraliser Nasser. Tout simplement !
Lors du sommet arabe de septembre 1965 à Casablanca, l’agenda principal était de faire un diagnostic sur l’état des forces arabes et de les préparer à une confrontation avec Israël.

Les discussions à huis-clos incluaient, une fois n’est pas coutume, les chefs d’États-Majors arabes. Tout fut enregistré et fourni aux Israéliens, selon les dires des Généraux Israéliens interviewés. En contrepartie, les services israéliens filèrent Ben Barka, à Genève notamment, pour l’amener dans un traquenard où l’attendaient ses bourreaux à Paris. On parla même de collusion entre différents services secrets : israéliens, marocains, français et américains.

Tout a été mis en place pour faire disparaitre cette icône du tiers-monde. Premier bénéficiaire : Hassan II qui fit un coup double : il se débarrassa de Ben Barka et neutralisa Nasser dans sa confrontation avec Israël et son leadership du monde arabe, du même coup. Gros perdants : le peuple marocain, la cause palestinienne, les Arabes et la Tricontinentale amputée de sa tête pensante. Sacré coup de Hassan II, plein de schizophrénie !

Maati Monjib

Source : Facebook, 14 déc 2020

Tags : Maroc, Algérie, Egypte, Israël, Mehdi Ben Barka, Jamal Abdel Nasser, La Guerre des Six Jours,