TRUMP DAVID-PAN !

par Belkacem Ahcene-Djaballah


Jamais dans l’histoire contemporaine du monde occidental, pays d’Amérique du Nord y compris, après les tragiques périodes de Hitler, Mussolini et Franco, celle des années 50 et après et en dehors des comportements de certains nouveaux dirigeants des pays issus de l’ex-bloc «soviétique» et ayant rejoint l’UE, le monde pourtant dit «développé» ou «civilisé» ou «avancé» ou «industrialisé» n’avait connu un temps de gouvernance politique aussi délicat que celui vécu avec Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique, les Usa, ce qui n’est pas peu, puisque pays classé première puissance mondiale en presque toutes choses et «phare» incontesté (mais pas incontestable) de la Démocratie. En plus de deux siècles d’existence, même si les élections, comme dans presque tous les pays du monde, ne sont jamais acceptées de gaieté de cœur par les perdants, les passations se sont toujours passées dans le strict respect de la loi, une loi fondamentale Us demeurée presque toujours la même avec seulement quelques légers amendements.

Cependant, la catastrophe n’était jamais bien loin, souvent juste à vos portes, représentée par un «interventionnisme armé» tous azimuts, bien souvent dépassant tout entendement, jusqu’à l’incompréhensible. Gendarmes du monde ? Pas seulement ! Moralisateurs aussi. Si moralisateurs et si imbus de leur puissance que, pour paraphraser V.Poutine, «ils nous prennent (tous) pour des cons». Il est vrai que la culture de masse «westernisée» avec son «cow-boy» toujours armé et tirant plus vite que son ombre a, certes, inculqué du dynamisme, mais aussi de l’aventurisme, avec ses lynchages et ses dégâts. Surtout lorsque le «pouvoir» échoit à des personnages de «comics». Ainsi, les comportements de David (Trump) d’aujourd’hui (un prénom à la symbolique religieuse déjà bien «chargée» et qui annonce les prises de position et décisions «évangilico-sionistes» ne favorisant certes pas, à court terme, les Palestiniens mais encore moins, à long terme, les Israéliens.

Il est vrai qu’avec un «Bibi» Netanyahu au pouvoir (on ne pouvait s’attendre à moins) relève beaucoup plus du syndrome Peter Pan (Une idée développée par un psychanalyste américain, Dan Kiley, en 1983). L’expression fait référence au personnage de Peter Pan, héros créé par J. M. Barrie et personnage principal de sa pièce «Le Garçon qui ne voulait pas grandir» (1904). Dan Kiley dans son ouvrage de 1983 «Le Syndrome de Peter Pan», sous-titré «Ces hommes qui ont refusé de grandir» (The Peter Pan Syndrome: Men Who Have Never Grown Up), décrit ces derniers comme «narcissiques, émotionnellement immatures, socialement irresponsables et dépendants».Une maladie mentale ? Presque ! Car, ce syndrome n’est pas (encore) reconnu par le corps médical comme une entité clinique réelle n’ayant pas encore fait l’objet d’études scientifiques suffisantes.

Le psychologue (Jean-Yves Flament) avance, quant à lui, la possibilité d’un retard dans le développement émotionnel des individus touché par ce syndrome. Il explique : «Le syndrome de Peter Pan prend racine dans l’enfance, en particulier dans les familles où le père est absent, fuyant, dévalorisé ou tyrannique. Résultat : la mère porte péniblement le fardeau de la famille en prenant appui sur son fils, qui se retrouve tiraillé entre sa nature d’enfant et ses nouvelles responsabilités d’adulte, l’enfant se trouve alors déraciné de tout repère de son âge. Dans cette situation, l’enfant «sépare» son intellect de ses émotions pour se protéger. L’intellect grandit avec ses nouvelles responsabilités, mais les émotions restent «bloquées» dans l’enfance. «C’est pourquoi ces personnes, pourtant très fines et perspicaces quand il s’agit d’intellect, font preuve de réactions impulsives et puériles dès qu’il s’agit d’émotion». Ajoutez-y un soudain héritage de deux ou trois mds usd, sans avoir jamais travaillé une minute de sa vie. Une arme ultra -lourde au pays du capitalisme !

Bien sûr, dans nos pays (en voie de développement, ou sous-développés, ou émergents, ou…) on en rencontre beaucoup de ces Peter Pan. La seule différence, c’est qu’ils n’ont pas un bouton nucléaire à portée de main… et les Etats qu’ils dirigent ne tiennent pas par les «bourses» bien des dirigeants politiques et d’autres Etats du monde.

Le Quotidien d’Oran, 9 jan 2021

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