Maroc : Détention continue du défenseur des droits de l’homme Maâti Monjib

Le 30 décembre, le juge d’investigation du tribunal de première instance de Rabat a ordonné la détention préventive du défenseur des droits de l’homme Maâti Monjib sur l’accusation de ′′ blanchiment d’argent ′′ et a prévu que sa prochaine session d’enquête se tienne le 20 janvier.

Maâti Monjib est le président de la liberté maintenant, une association qui œuvre pour défendre la liberté d’expression et le journalisme au Maroc. Il est également co-fondateur et membre de l’association marocaine pour le journalisme d’investigation (MAIJ), une association qui travaille à exposer les problèmes de corruption dans le pays.

Maâti Monjib a été arrêté le 29 décembre 2020 à midi dans un restaurant situé sur la rue Al Alawiyin dans le quartier de Hassan à Rabat par les forces de sécurité en civil, qui sont arrivés au restuarant dans deux véhicules de police quelques minutes après l’arrivée du défenseur des droits de l’homme . Maâti Monjibib a été traduit devant le procureur général près le tribunal de première instance de Rabat où il était inculpé de ′′ faire du blanchiment d’argent Le défenseur des droits de l’homme a ensuite été renvoyé au juge d’investigation qui a ordonné sa détention préventive et a programmé sa prochaine session d’enquête le 20 janvier. Maâti Monjib est actuellement détenu en isolement cellulaire à la prison d’El Arjat 2 dans la ville de Salé près de Rabat.

Au cours des derniers mois, Maâti Monjib a été convoqué à plusieurs reprises pour interrogatoire par la Brigade de la police judiciaire nationale à Casablanca. Le 7 octobre 2020, le procureur général a annoncé que le défenseur des droits de l’homme était en cours d’enquête pour blanchiment d’argent. Maâti Monjib croit que l’accusation est en représailles pour ses critiques à l’encontre de la Direction Générale de la Surveillance Territoriale, qu’il a accusée d’effectuer une surveillance illégale de la société civile et des politiciens de l’opposition. Dans les jours après l’annonce du procureur général, plusieurs membres de la famille de Maâti Monjib ont été convoqués et interrogés dans un poste de police de Casablanca, malgré le fait qu’ils vivent à près de 90 kilomètres, à Rabat. Lors de l’interrogatoire, ils n’ont pas été informés des raisons de leur convocation et ont été invités à fournir des détails sur le travail accompli par Maâti Monjib dans le domaine des droits de Le 12 octobre 2020, Maâti Monjib a commencé une grève de la faim en protestant contre les allégations et le harcèlement des membres de sa famille. Il a mis fin à la grève de la faim le 15 octobre 2020.

Maâti Monjib a été fréquemment harcelé pour son travail pacifique en matière de droits de l’homme. Le 21 octobre 2020, le défenseur des droits de l’homme devait assister à la dernière session d’audience au Tribunal de première instance de Rabat, en rapport avec une autre affaire ouverte contre lui et d’autres défenseurs des droits de l’homme pour ′′ menacer la sécurité intérieure de l’État ′′ En 2015., la séance n’a pas eu lieu après que le tribunal ait informé l’avocat du défenseur que deux de ses employés avaient été testés positifs au COVID-19. Les séances d’audition subséquentes liées à l’affaire ont été retardées et reprogrammées à plusieurs reprises. En août 2015, une interdiction de voyager a été imposée à Maâti Monjib, qui a été levée le 29 octobre 2015, après avoir passé 24 jours en grève de la faim. Le défenseur des droits de l’homme est souvent le sujet de campagnes de diffamation dirigées par des médias pro-gouvernementaux tels que Annahar al-Maghribia et AlAhdath al-Maghribia, qui l’accusent d’incitation à la violence et de détournement de fonds de la société civile.

Les défenseurs de la ligne de front sont profondément préoccupés par la détention et le harcèlement judiciaire du défenseur des droits de l’homme Maâti Monjib, car ils pensent qu’il est visé dans un effort visant à empêcher son travail de défense des droits de l’homme, de liberté d’expression et de dénoncer la corruption.

Les défenseurs de la ligne de front demandent aux autorités marocaines :
Libère immédiatement et sans condition Maâti Monjib et abandonne les charges contre lui car on pense qu’ils sont uniquement motivés par son travail légitime et pacifique pour la défense des droits de l’homme ;
Veiller à ce que le traitement de Maâti Monjib, pendant son séjour en détention, respecte les conditions définies dans le ′′ corpus de principes pour la protection de toutes les personnes sous toute forme de détention ou d’emprisonnement adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 43/173 de 9 Décembre 1988.

Cessez de cibler tous les défenseurs des droits de l’homme au Maroc et gardez en toutes circonstances leur capacité de mener leurs activités légitimes en matière de droits de l’homme sans crainte de représailles et sans restrictions, y compris le harcèlement judiciaire.

Fouad Abdelmoumni

Source : Facebook

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