Mali: dealers religieux

Si d’autres se servent du nom de Dieu pour tuer, certains s’en servent pour s’assurer subsistance et prospérité. La prescription divine « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » ne s’applique pas à certains leaders musulmans qui vivent de la sueur et du sang des autres.

L’exploitation des enfants

Les sous collectés par les mendiants à longueur de journée aux abords des rues, ne servent malheureusement pas à égayer leurs tristes quotidiens. Leurs marabouts ou enseignants coraniques sont ceux qui en bénéficient le plus car ce sont eux généralement qui les envoient à la mendicité.

Chargés d’assurer l’éducation islamique des enfants à travers le Coran et la sunna du prophète Mohammed, les marabouts profitent des enfants en les envoyant faire la manche, en les livrant aux dangers de la rue. Dans les villages, ce sont ces enfants qui assurent les travaux champêtres du maitre.

Le poudre de perlimpinpin

Il suffit juste d’écouter une radio quelconque à Bamako pour s’en rendre compte, en plus de prêcher les paroles coraniques, de montrer le chemin du paradis, les chefs religieux ont le remède à tous les maux de la vie, oui, santé, richesse, réputation, prospérité, amour…

Potions magiques, amulettes, sacrifices et incantations avec l’estampille coranique, autant de méthodes qui selon eux résolvent n’importe quels problèmes de la vie. Ces pratiques sont-elles efficaces ? c’est comme discuté du sexe des anges, ce qui est sûr la facture coûte un bras. Le marché est tellement fructueux que certains en ont fait un métier, surtout dans un pays culturellement fataliste.

Les bénédictions ne sont jamais gratuites

Les contributions monétaires des fidèles fanatiques qui œuvrent pour le bien être du guide au nom de Dieu, espèrent ainsi avoir ses bénédictions et ainsi se garantir prospérité ici-bas et dans l’au-delà.

La multitude d’adeptes qui suivent les leaders religieux est monnayable et fait aussi l’objet de convoitise pour les politiciens qui ne lésinent pas sur l’achat des bénédictions des chefs afin de s’assurer des voix aux élections, une manière d’avoir la mainmise sur le peuple. Comme en témoigne les relations entre le régime présidentiel actuel avec le Cherif de Nioro du Sahel, et le leader des Ançar dine.

La misère des autres

Chercher des fonds au nom des démunis, récolter de l’argent pour lutter contre la misère, et vulgariser l’islam est une des missions les plus nobles qui soient. Pourtant la majeure partie des fonds récoltés ne servent qu’à redorer la vie du leader religieux musulman, même si certains font des medersas et des mosquées (d’où la prolifération des mosquées à Bamako).

L’islam, un gagne-pain

Au lieu de répandre les paroles divines afin de rendre la vie des hommes meilleure, certains se sont accaparés de la religion musulmane pour s’assurer une belle vie, une position sociale. En dépit des prescriptions coraniques sur les vertus du travail et du mérite, beaucoup de prédicateur ne vivent que du travail des autres.

Ousmane Makaveli, 18 juillet 2017

Tags : Mali, talibé, mendicité, religion, enfance,