3e mandat : les vérités de Buhari et Embalo à Ouattara et Condé

Au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), le président nigérian, Muhammadu Buhari et son homologue bissau-guinéen, Umaru Sissocô Emballo n’ont pas caché leur aversion pour la candidature à un troisième mandat des présidents, Alassane Ouattara et Alpha Condé.

Buhari et Embalo s’opposent aux 3e mandats de Condé et Ouattara. Les présidents ivoiriens et guinéens au terme de leur second mandat constitutionnel veulent briguer respectivement un troisième mandat. Une décision politique qui suscite des tensions sociopolitiques dans leurs pays respectifs et des remous au sein des chefs d’États de la CEDEAO. Si certains présidents ont préféré ne pas s’exprimer officiellement sur le sujet, d’autres ne s’en cachent pas.

Le son de cloche des chefs d’États de l’Afrique de l’ouest s’opposant à un troisième mandat a été donné par le président bissau-guinéen, Umaro Sissocô Emballo, lors d’une réunion virtuelle de la CEDEAO le 20 août 2020 sur la démission militairement assistée du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.  » Si ce qui s’est passé au Mali est un coup d’État alors les troisièmes mandats étaient également un coup d’État », avait réagi le président de Guinée-Bissau devant Ouattara et Alpha Condé, apprend Jeune Afrique. Des déclarations qui avaient fait éclater de rire le président sénégalais, Macky Sall et entraîné la foudre de l’Ivoirien Alassane Ouattara qui, n’avait pas alors hésité à qualifier le nouveau président bissau-guinéen de « fiston ».

Quelques jours plus tard, c’est le président du Nigeria qui a aussi exprimé son opposition à un troisième mandat dans un langage peu voilé à la fin de la 57ème session ordinaire des chefs d’États et de Gouvernement de la CEDEAO. « En tant que dirigeants de nos États membres individuels de la CEDEAO, nous devons adhérer aux dispositions constitutionnelles de nos pays, en particulier sur la limitation des mandats. C’est un domaine qui génère des crises et des tensions politiques dans notre sous-région », a déclaré le président Buhari, selon un tweet de Garba Shehu, le porte-parole du président nigérian.

Muhammadu Buhari a invité ses pairs de la CEDEAO à ne pas briguer un mandat de trop. L’objectif, souligne-t’il, est de garantir des élections libres et crédibles dans les pays de la communauté économique. « Cela doit être le fondement de la démocratie dans notre sous-région, tout comme la nécessité du respect de l’état de droit », a-t-il poursuivi. Les présidents ivoiriens et guinéens, Alassane Ouattara et Alpha Condé déjà engagés dans le processus électoral en cours dans leurs pays écouteront-ils le cri de coeur de leurs homologues ?

Banouto, 10 sept 2020

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