Algérie : Et s’il y avait complot contre le Président

S’il est établi que nul hasard ne saurait exister en politique, une question, lancinante, revient hanter nos esprits et raisonnements. Telle cette mouche entêtée que vous vous empressez de chasser mille et une fois, elle revient toujours et encore, au même endroit. Les racines du mal fait au pays par l’ancienne bande ont eu tout le loisir de s’implanter en profondeur au sein de l’ensemble des Institutions du pays. Il était dès lors normal et prévisible que les tenants de l’argent sale et des indus-privilèges essayassent de mettre des bâtons dans les roues du Président, et de tenter de saborder son actuelle œuvre salvatrice.

Tebboune lui-même, à l’occasion de plusieurs de ses sorties publiques, a révélé qu’il faisait face à des actions de sabotage, sans doute menées par ceux dont les intérêts ont été fortement ébranlés. Or, ces individus douteux et tapis au sein de l’ensemble des Institutions du pays, ont très certainement le bras long. Et, pour ne rien arranger à cette préoccupante situation, ces « bandes organisées disposent, pour les servir, de sommes d’argent colossales thésaurisées durant le long règne de l’ancien régime. Or, si cette mafia venait donc à chercher à viser le défaut de la cuirasse du Président, elle aurait très certainement cherché à casser et à parasiter ces liens de confiance en passe de se rétablir, laborieusement il faut le dire, entre le peuple et les décideurs, à commencer par le président Tebboune lui-même.

Il est vrai, en effet, qu’il n’y a rien de plus difficile à construire, ou à reconstruire, qu’une confiance enfin recouvrée après des années de gabegie, de rapine et de colère populaire réprimée. Face aux louables efforts du président Tebboune sur le plan de la communication et de la pédagogie, des actions de terrain suivent immédiatement, et systématiquement l’ensemble des déclarations et annonces que vient à faire le chef de l’État.

De fait, il n’y a rien de plus difficile que de joindre l’acte à la parole et ne pas se contenter de profession de foi. Assurément, les actions et les décisions de Tebboune génèrent une peur-panique chez cette mafia. Ses actions de sabotage, faciles à mener dans un pays où il y a tout à faire, et à construire, peuvent trouver « preneur, chez tous ces fonctionnaires et responsables que la reprise du travail effraie. À titre d’exemple, l’absence de liquidités au niveau des bureaux de poste sent très fortement le soufre. Si gérer c’est aussi prévoir, il a pu y avoir imprévoyance ou sabotage volontaire, histoire d’attiser le « hirak », la colère populaire.

Ordonner des enquêtes immédiates sur les incidents qui se sont produits ces derniers jours est encore la meilleure manière d’éviter qu’il y ait « récidive. Que ces incidents et incendies de forêts aient été intentionnels ou pas. Ces enquêtes peuvent aider à lutter contre cette maladive désinvolture chez la plupart de nos décideurs et fonctionnaires. C’est également une preuve suffisante que le président Tebboune se préoccupe personnellement de tout ce qui peut perturber le « train-train » quotidien des citoyens.

Une sorte de guerre d’usure semble ainsi engagée entre le président Tebboune et les détenteurs de l’argent sale. Le peuple, au nom de qui est rendue la justice, devra désormais apprendre à séparer le bon grain de l’ivraie. L’avenir de cette Algérie nouvelle que nous rêvons et dessinons tous dans nos têtes…
Mohamed Abdoun

Le Courrier d’Algérie, 2 sept 2020

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