L’aéroport d’Orly, un nid d’espions au profit du Maroc?

Un policier aux frontières bientôt jugé pour avoir transmis des fiches S aux services marocains

Une enquête avait été ouverte en 2016 à la suite d’un renseignement anonyme dénonçant les agissements d’un agent de la police aux frontières, affecté à l’aéroport d’Orly, et de sa femme.

C’est un renseignement anonyme qui a lancé cette affaire qui va se poursuivre devant les tribunaux. Un ancien fonctionnaire de la police aux frontières d’Orly, soupçonné d’avoir transmis aux services secrets marocains des documents confidentiels dont des fiches S, sera prochainement jugé à Créteil pour « corruption passive » et « violation du secret professionnel ».

Aujourd’hui retraité, cet homme de 62 ans était, jusqu’à sa mise en examen en 2017, à la tête de l’unité d’information de l’état-major de la Direction de la police aux frontières (DPAF) de l’aéroport d’Orly, dans le sud de Paris. Ce service est chargé de faire remonter à sa hiérarchie les mouvements des personnes inscrites sur le Fichier des personnes recherchées, dont celles fichées S, pour Sûreté de l’Etat, qui regroupent notamment les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

Remises d’argent

La justice lui reproche aujourd’hui d’avoir transmis entre 2014 et 2017 entre 100 et 200 de ces fiches confidentielles aux services secrets marocains en contrepartie de voyages tous frais payés au Maroc ou en Angola et des remises d’argent, selon l’ordonnance de renvoi datée du 30 juillet dont l’AFP a eu connaissance, et confirmant les informations du Parisien.

« A l’époque, mon client est convaincu d’agir dans l’intérêt supérieur de la France. On lui propose de collaborer avec le Maroc. Pour lui, c’est un moyen de surveiller les fichés S et d’éviter de nouveaux attentats », a défendu son avocate Me Blandine Russo, insistant sur « les troubles psychologiques » de son client au moment des faits.

Renvoyé à ses côtés, un Franco-marocain soupçonné d’avoir fait l’intermédiaire avec un agent des services marocains est, lui, poursuivi pour « corruption active ». Directeur d’une entreprise de sûreté aéroportuaire, il aurait eu une « place centrale » dans la combine en transmettant les fiches confidentielles, dont plusieurs ont été retrouvées à son domicile et dans son bureau, et en réglant les voyages à l’étranger du policier et de sa famille. Sollicité, son avocat n’a pas souhaité réagir.

Un agent des services secrets marocains, visé par un mandat d’arrêt, est également poursuivi pour corruption active. La femme de l’ancien fonctionnaire de la police aux frontières sera elle jugée pour « recel de biens provenant de corruption » et pour le « vol de médicaments », remis à l’intermédiaire, dans l’hôpital où elle exerçait en tant qu’aide-soignante. Mis en examen, un autre fonctionnaire de la PAF a obtenu un non-lieu total au terme de l’enquête.

J.C. avec AFP

Tags : Maroc, France, Aéroport d’Orly, Algérie, espionnage, Fiches S, terrorisme, lutte antiterroriste,

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