Algérie : L’histoire au secours de la politique

Les dés sont jetés, la date du référendum constitutionnel est désormais connue : ce sera donc le 1er novembre prochain. La décision a été prise avant-hier par le président Tebboune, après avoir reçu le président de l’Autorité nationale en charge de la surveillance des élections, Mohamed Charfi et consulté « les parties concernées », selon le communiqué de la présidence de la République. En choisissant le 1er novembre, date anniversaire du déclenchement de la révolution (le 66ème), le président de la République compte jouer sur la fibre patriotique des Algériens pour plébisciter ce référendum sur lequel plane, comme pour toutes les consultations électorales, le spectre de l’abstention.

D’ailleurs, juste après l’annonce de la date par la présidence de la République, la Toile s’est enflammée pour cristalliser deux positions contradictoires par rapport aux choix de cette date du 1er novembre. Ceux qui adhérent à la démarche du président Tebboune ont jugé le choix de la date « pertinent » considérant que « la ferveur patriotique qui marque cette date ancrée dans l’imaginaire affectif des Algériens va booster la participation au vote ».

Trois grands événements en même temps, c’est-à-dire la célébration de l’anniversaire du coup de starter de la Révolution, la tenue d’un référendum sur le projet de révision constitutionnelle et l’inauguration de la Grande Mosquée d’Alger est vu aussi positivement, presque comme un signe du destin. Le camp d’en face ne manque pas d’arguments, accusant « le Nouveau pouvoir de « s’approprier une date consensuelle pour la mettre au service d’un projet politique clivant ».

Dans la même veine, le président Tebboune est accusé de « confisquer l’histoire de la Révolution », alors que d’autres voient dans l’association des trois événements (célébration anniversaire de la révolution, inauguration de la Grande Mosquée et référendum la consécration du slogan « Badissia Novembria ». Mais au-delà de la polémique sur le choix de cette date du référendum, qui est au demeurant audible, au vu de la bataille acharnée sur la mémoire de la révolution entre Badissistes-novembristes et « Soumamistes novembristes », il y a d’autres aspects dans le communiqué de la présidence de la République.

On y apprend, en creux, que le débat parlementaire sur le projet est passé à la trappe, probablement que le président, qui a pourtant défendu l’idée, est convaincu que les députés actuels qui trainent toutes sortes de casseroles infamantes n’apporteraient pas de plus-value au projet, sinon le risque de nourrir les envies d’abstention.

D’ailleurs, le communiqué de la présidence de la République parle aussi d’autres échéances, après le référendum, la prochaine pourrait être la dissolution de cette assemblée croupion et la convocation de législatives anticipées pour que la future représentation nationale soit en accord avec la nouvelle constitution comme socle de la « l’Algérie nouvelle ».

H.Khellifi

L’Est Républicain, 26 août 2020

Tags : Algérie, Constitution, Abdelmajid Tebboune, 1er novembre,

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