Tout sur l’alcool au Maroc

Le Maroc est le deuxième producteur de vins et de boissons alcoolisées du continent africain (après l’Afrique du Sud) et le premier pays musulman. La production de bière atteint les 800.000 Hl et celle de vin et autres boissons alcoolisées approche les 400.000 Hl. Sans parler de la production d’alcool frelaté illicite (alcool de dattes, par exemple). Les réserves des gendarmeries royales regorgent de cocottes-minutes modifiées en alambics de fortune. Un gradé me racontait dernièrement que les « bouilleurs de cru » incorporaient du Destop à leur distillat… « ça pique dans l’estomac, me confiait-il ! ». Tu parles, Charles !

Sachant qu’en vertu de l’arrêté de 1967, seuls les étrangers ont le droit d’acheter et de consommer de l’alcool, de deux choses l’une :

Les étrangers résidant au Maroc et les visiteurs étrangers s’enquillent des dizaines de litres tous les jours

Ou le bal des faux-cul est ouvert, ticket d’entrée offert par la maison.

En fait, 30% des Marocains se disent consommateurs habituels, alors que 35% consomment de l’alcool de manière sporadique. Les derniers classés sont les touristes qui ne représentent que 20% de la consommation.

Pour information, un marocain pris en flagrant délit de consommation de boisson alcoolisée risque jusqu’à deux mois de prison. Il n’empêche, « pour boire heureux, buvons cachés », telle semble être la devise d’une partie de la population… Cette population que je croise, furtive, dans les caves des Carrefour Market, cette population qui s’isole au fond des palmeraies ou sur des parkings désertiques pour boire en solitaire jusqu’à l’ivresse et qui jette les canettes et les bouteilles vides dont les tessons jonchent le pays. Cette même population, dont le pourcentage de conducteurs en état d’ivresse est le double par rapport à la France (voir ci-dessous).

Revenons à nos moutons… Après avoir constaté ensemble que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il ne faut pas confondre le plaisir d’une soirée conviviale entre amis autour d’une bonne bouteille et l’ivresse triste et solitaire décrite ci-dessus…

Si d’aventure, comme nous, vous avez été assez benêt pour ne pas être passé par Ceuta et fait un stock conséquent de boissons alcoolisées, vous vous retrouverez à un moment ou un autre sans vin ou sans apéro. Comment faire ?

Oubliez les Supermarchés MARJANE. Selon « El Periodista » l’entrée des capitaux saoudiens a motivé, en 2014, l’interdiction de l’alcool dans les 32 hypermarchés Marjane qui vendaient plus de 50% de l’ensemble de l’alcool du royaume. « Actuellement, l’alcool peut se vendre dans quelques magasins Carrefour », constatent les journalistes espagnols.

Autres éléments d’analyse: « La vague de sensibilisation contre l’alcool a coïncidé principalement avec l’arrivée au pouvoir des islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD), en 2011. Les maires PJD exercent leur pression sur les propriétaires de bars et de restaurants afin qu’ils cessent la vente de l’alcool ou qu’ils ne renouvellent plus leurs demandes d’autorisation ».

Donc :

Dans le nord du Maroc : pas de problème particulier dans les grandes villes (mais faites attention aux vendredis !): une partie des Carrefour Market (une partie seulement) possède une cave. C’est le cas avec certitude à MEKNES et à FES…

Plus au sud : ça commence à être galère…

AGADIR : aucun souci : Carrefour market et Atacadao (l’ancien Métro, à côté de Decathlon) assure l’approvisionnement à des tarifs raisonnables (au regard des taxes marocaines qui ont fortement augmenté)

ESSAOUIRA : Carrefour Market

ERRACHIDIA : face à la Poste, à côté de la banque BMCI (un magasin discret avec juste une pub Coca Cola)

GUELMIM : chez le « Juif », près du souk de la viande sur la route du Marjane

au camping de la Vallée d’Abaynou, l’apéro est gratuit tous les soirs (voir ici MAROC – l’ANTI-ATLAS)

OUARZAZATE : Supermarché DIMITRI (boulevard Mohammed V)

TAFRAOUTE : Il y a un hôtel un peu excentré qui possède la licence alcool et qui dépanne (le Saint Antoine, me semble-t-il)

TANGER : ATACADAO (ouvert le vendredi, avec certitude)

TATA : Idem Tafraout… Un hôtel à côté de la station TOTAL

TINGHIR : Supermarché (?) chez Michelle, avenue Mohamed V, à gauche en sortant de la ville sur la N10 en direction de Boulmane Dades

TIZNIT : à l’hôtel MAURITANIE

Les gardiens de camping ont généralement des adresses, mais vu les risques encourus… questionnez-les directement.

Que boire ?

L’analyse du média espagnol ne s’arrête pas là. Il explique que le Maroc est un producteur de vin, surtout dans la région de Meknès où 60% des vins du pays sont produits. Les régions de Benslimane et de Berkane sont aussi connues pour leurs vins rouges, blancs et gris, une variété du rosé.

Grâce à l’héritage français, il existe plus de 49.000 hectares de vignobles au Maroc, où sont plantées plusieurs variétés de raisins résistant à la chaleur. On trouve au Maroc des cépages de qualité tels cinsault, carignan ou encore garnacha, merlot, cabernet sauvignon et syrah. Les trois producteurs principaux de vins marocains sont Les Celliers de Meknès, Thalvin et Castel.

A des prix raisonnables, j’ai une nette préférence pour les vin griffés CP (Cuvée du Président), en gros sur l’étiquette, ainsi que les Merlot, Cabernet Sauvignon et autres Syrah, étiquettes modernes, gros aplat bleu France, violet ou rose, et nom du cépage écrit en grand.

Les prix des bouteilles varient selon la qualité du produit et le lieu de vente. Ainsi, un litre de vin qui coûte entre 30 et 45 dirhams dans des magasins peut atteindre 350 dirhams dans des restaurants et des hôtels.

Plus de 35 millions de bouteilles de vins sont produites annuellement au Maroc, donc 2 millions sont exclusivement destinées à l’exportation vers l’Europe et les Etats-Unis.

Le royaume produit aussi de la bière, boisson alcoolisée préférée des Marocains. Les marques Casablanca, Flag spéciale et Stork sont les plus connues et coûtent entre 11 et 25 dirhams dans les magasins et entre 25 et 40 dans des restaurants et hôtels. Personnellement – mais n’oublions pas que je suis né dans un pays où la bière n’est pas considérée comme de l’alcool mais comme la boisson nationale – j’appelle ce type de bière de la « PAF » (pisse d’âne française), digne des Kro, Kanterbrau et autres 33 export. Beurk !

En 2010, les Marocains ont consommé plus de 117,5 millions de litres de boissons alcoolisées et en 2012, plus de 120 millions de litres ont été consommés.

Voilà une photo de la situation en février 2018… Tout cela étant susceptible d’évoluer rapidement.

Et notre voyage, dans tout ça ?

Comme nous le disions à certains d’entre vous, le Maroc évolue vite, très vite. Face à un gouvernement islamiste, pour ne pas dire intégriste, le roi a engagé des réformes à marche forcée. Dès le début du règne, le statut de la femme marocaine a été fortement amélioré… je vous renvoie à votre Wikipedia préféré !

Depuis, non sans mal parfois, le pays est rentré de plain pied dans le XXIème siècle. Suppression des bidonvilles et création de logements sociaux, instauration d’une CMU, mise en place d’un contrôle technique automobile et disparition progressive des épaves Mercedes 220D qui servaient de grands taxis, 4G dans tout le pays, interdiction des sacs plastiques alimentaires et j’en oublie.

Le corollaire de tout cela, c’est que beaucoup de choses sont commencées et peu réalisées… Ajoutons un rapport à l’argent omniprésent, une corruption endémique malgré une vigoureuse volonté royale, un pays à deux vitesses avec un axe Casablanca Rabat Tanger d’un côté et le reste de l’autre…

Nous, nous étions dans le « reste ». Au pays où le SMIC est à 210€ (une paille, même ici !) mais où il est normal de payer encore moins un gamin (4,5€ par jour) pour une surveillance indolente de camping ou de parking…

Au pays où l’on voit, en une demi-heure, quatre clochards différents fouiller dans la même poubelle.

Au pays où, sur les grands axes touristiques, les enfants ne savent que mendier, sous le regard complice de leurs parents, parce que l’école : ça ne rapporte rien.

Non, la misère n’est pas moins pénible au soleil… ! Et l’on entend sourdement gronder la frustration et la colère d’une jeunesse désabusée.

Laïkaventure 

Tags : Maroc, alcool, boissons, vin, bière,

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