L’Afrique: Le marché de demain

Boudée auparavant par les investisseurs, l’Afrique présente aujourd’hui des perspectives de rendement les plus élevées au monde et suscite particulièrement l’intérêt des fonds d’investissement. L’émergence d’une classe moyenne, principalement urbaine, s’accompagne de nouveaux besoins tels que se nourrir, se loger, se vêtir, communiquer ou encore se déplacer, ce qui a occasionné l’apparition d’un vaste marché estimé à 300 millions de consommateurs à l’échelon continental et des opportunités d’affaires dans de nombreux secteurs que sont la finance, les logements, les infrastructures urbaines, l’énergie solaire, l’eau, l’extraction de l’or et le secteur de la publicité . Des potentialités gigantesques existent dans le domaine de l’Agro-Business et le continent peut désormais revendiquer le statut de la région la plus dynamique du monde en matière de téléphonie mobile, un secteur qui a boosté celui des services financiers.

La question du développement de l’Afrique est toujours à l’ordre du jour. En son temps, Calixte BEYALA avait osé en publiant son livre à succès : « l’Afrique est mal partie ». Aussitôt les chantres de la damnée Afrique avaient embouché la trompette de l’afro-pessimisme à croire que le continent noir ne se relèvera jamais de son déséquilibre et qu’elle était condamnée à perpétuité à ne jamais se développer.

Au cours de récents sommets de l’U. A, la préoccupation est revenue avec acuité. Et des stratégies allant dans ce sens ont été régulièrement proposées mais sont restées jusqu’à présent presque inappliquées à cause des lourdeurs administratives, des micro-jalousies entre chefs d’Etats africains, des pesanteurs sociopolitiques inavouées et des disparités observées dans les niveaux de développement atteints par les uns et les autres. Alors dorment dans les tiroirs de l’U.A à Addis-Abeba, un ensemble de projets de développement à dimension continentale ou sous-régionale, une fois que les rideaux de ses fora sont tombés. Patiemment et sans crier gare, l’Afrique acère ses dents pour être le marché de demain.

Croire en ses potentialités

Heureusement, l’afro-pessimisme commence par céder le pas. L’afro-optimisme pointe à l’horizon et l’espoir renaît dans la durée de temps. De nombreux économistes occidentaux commencent par voir en l’Afrique le marché de demain. L’essentiel étant que les nouveaux dirigeants africains se fassent à l’esprit que le développement du continent ne peut s’effectuer que par les Africains eux-mêmes. L’appropriation par les gouvernants africains d’un esprit fort de real politique en comptant sur les potentialités de développement dont regorge l’Afrique doit être de mise. Il leur faut réussir à ancrer dans les mentalités des populations, la confiance en soi basée sur du concret. Mais pour cela, adieu les actes de corruption et de détournement des deniers publics ! Adieu la mauvaise utilisation des ressources humaines noires valorisantes auxquelles il est préféré des compétences non africaines douteuses pourvu que les pourcentages promis sur les contrats mirobolants signés atterrissent au bon endroit. Tant pis si la majorité se saigne pour faire le lit ‘‘billetteux’’ de la minorité du rang duquel sortent de nouveaux riches ! L’heure a sonné pour que les ressources humaines africaines et celles de la diaspora soient intelligemment utilisées sans que les dirigeants ne versent dans les calculs politiciens tenant compte de l’appartenance d’un tel à tel ou tel autre parti politique. L’utilisation et le positionnement des cadres doit se faire sans parti pris. A l’heure de la mondialisation, le continent des Béhanzin, Samory Touré, Nelson Mandela… ne veut point se faire compter l’histoire du développement. Pas de développement sans nationalisme !

L’Afrique se cherche toujours

Pour pouvoir avoir droit de siéger sont au banquet des nations développées, les PED africains en sont encore à multiplier seuls ou à l’échelle sous-régionale ou continentale des stratégies. Sa part dans le commerce n’étant que de 2%. Aussi, les rencontres à l’internationale se succèdent-elles en dépit de l’hypocrisie diplomatique qui les entoure ! Le Sommet de Davos en France avec comme thème ‘‘Quelle place pour l’Afrique’’, le Forum sur les Décideurs de l’économie africaine ‘‘African CIO’’ de février 2014 en France, toujours courant 2014, le Forum ‘‘Investir en Côte d’Ivoire (ICI 2014), le Symposium ‘‘Emergence’’ organisé par la Guinée Equatoriale, la « Table ronde des partenaires pour le financement du développement du Bénin » des 15, 16 et 17 juin 2014 organisé par le Bénin à Paris, la Conférence internationale des investisseurs « Investir dans l’UEMOA » organisé à Dubaï du 9 au 10 septembre 2014 etc. sont des fora au cours desquels on parle de programmes et/ou de mobilisation de fonds pour le développement. Au cours de ces assises, l’accent est de plus en plus mis entre autres, sur le développement du secteur énergétique et sur celui des infrastructures routières, des préoccupations essentielles sans lesquelles tout effort de développement est compromis !

Au niveau des organisations sous-régionales, des assises sur la stratégie à adopter pour accélérer la réalisation d’un ensemble de projets de développement, comme c’est le cas pour l’énergie renouvelable dans les pays de l’espace UEMOA (l’Union économique et monétaire Ouest-africaine), ne manquent pas. Si ces fora à l’international visent surtout la recherche de fonds pour financer la kyrielle de projets attendant la phase de concrétisation, il est temps de promouvoir le partenariat sud-sud. Aussi, la conquête du marché africain par les hommes d’affaires sud-africains et surtout marocains, le suivi du Projet du Mécanisme par les pairs en Afrique sont des initiatives en appoint à la forte présence de la technologie chinoise, coréenne et japonaise en Afrique etc. Ceci dans l’attente que la Banque de développement et le Fonds monétaire dont les créations ont été annoncées au sommet de Durban en 2013 par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), commencent par mieux accompagner les actions de développement avec certainement des offres plus alléchantes et moins contraignantes comparées à celles faites jusqu’à présent par le FMI. Ces actions, qui seront à la longue bénéfique pour l’Afrique, traduisent bien la vision africaniste des Premiers Magistrats du continent.

Matières premières africaines 

Tags : Afrique, RDC, Mali, Guinée, développement, ressources naturelles, matières premières,

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