Georges Jackson, une autre victime du racisme étatsunien

Georges Jackson est celui qui a théorisé et légitimé la nécessité pour les Noirs incarcérés en masse aux États-Unis , leur droit à mener derrière les barreaux, une lutte pour la reconnaissance de leurs droits humains et civiques.

En 1960, Jackson a 18 ans et est condamné à une peine de prison à vie qui ne dit pas son nom ( de 1 an à vie) pour complicité, dans un cambriolage d’une station essence d’un montant de 70 dollars.

En prison, il découvre comment les Noirs sont traités par les gardiens, quasiment tous blancs à l’époque, comme sur les plantations du temps de l’esclavage.

Après 4 ans d’incarcération, il se met à étudier les sciences politiques sociales et économiques. Puis en 1966, il forme un groupe d’auto-défense de Noirs pour que les siens puissent faire face aux violences des gardiens :  » la Black Guérilla Family  ».

En 1969 , après avoir croisé Huey P Newton en prison il décide de dissoudre son groupe et d’adhérer au Black Panther Party.
Le 13 janvier 1970 une bagarre éclate entre Blancs et Noirs à la prison de Soledad. Pour ramener le calme, un gardien tireur d’élite abat 3 prisonniers noirs depuis son mirardor.

Trois jours plus tard un jury de l’administration pénitentiaire absout le gardien Miller.

Mais le calme ne reviendra pas.

Quelques jours plus tard, un gardien blanc est battu et balancé dans le vide du 3 ème étage d’une aile de prison.
3 Noirs sont accusés du meurtre dont George Jackson, ils deviendront les  » frères de Soledad  ».

Le 7 août 1970, Jonathan Jackson pénètre arme au poing dans le tribunal d’une petite ville de Californie pour réclamer la libération des frères de Soledad. Il s’échappe avec 5 otages un juge, un procureur et 3 jurés, tous blancs.

La police bloque le convoi sur une route, des coups de feu sont échangés.

C’est un carnage, le juge est tué, deux jurés gravement blessés, Jonathan et deux de ses complices gisent morts sur le sol.
Le public blanc découvre alors toute la violence de l’univers carcéral étatsunien et particulièrement, celui qui est dirigé contre les Noirs.

D’autant plus que le 21 août 1971, Georges Jackson est abattu d’une balle dans le dos tiré par un gardien.

Son meurtre déclenchera le plus grand soulèvement de violence derrière les barreaux avec la révolte d’Attica de Septembre 1971 au cours de laquelle les prisonniers, quasiment tous Noirs et Porto-Ricains ont pris en otage la cinquantaine de gardiens tous Blancs.

Les événements d’Attica permettront à des intellectuels engagés comme Angela Davis de poursuivre le travail de Georges Jackson en dénonçant les politiques étatsuniennes d’incarcération de masse des Noirs comme l’un des principaux moyens utilisés par la machine d’état négrophobe afin de maintenir volontairement et jusqu’à aujourd’hui les Noirs hors-jeu de la société et d’utiliser les prisonniers noirs comme une main d’œuvre servile comme au temps de l’esclavage.

Ahmed Nougbo (Facebook)

Tags : Etats-Unis, racisme, noirs, négrophobie,

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