Mali: Des experts de l’ONU accusent le Maroc

Un groupe d’experts onusiens vient de rendre public un rapport sur la situation de l’insécurité au Mali et le trafic de drogue dans la region du Sahel. Le Maroc y est pointé du doigt. Il est accusé de manque de collaboration avec le groupe d’experts qui a redigé le rapport et avec le Niger, principale voie de transit de la drogue. “Le flux de stupéfiants le plus régulier et le plus stable à travers le Mali reste la résine de cannabis, ou haschich, en provenance du Maroc, passant par la Mauritanie et le Mali à travers le Niger vers la Libye”, indique le rapport.

Voici quelques extraits du rapport mentionné

– L’implication des groupes armés dans le crime organisé continue d’évoluer principalement autour du transport de haschich, conduisant à des affrontements meurtriers pouvant constituer des violations du cessez-le-feu et menaçant la mise en œuvre de l’Accord, en vertu duquel les parties s’engagent à lutter conjointement contre le crime organisé. Pour aider à endiguer les flux de drogue déstabilisateurs, la liste des sanctions doit également viser les fournisseurs. Le Maroc est très réceptif au Groupe dans son ensemble, mais n’a fourni ni au Groupe ni aux autorités nigériennes les informations d’identification disponibles sur les personnes et entités fournissant du haschich au réseau criminel de Mohamed Ben Ahmed Mahri (MLi.007), également connu sous le nom de Rouggy.

– Le flux de stupéfiants le plus régulier et le plus stable à travers le Mali reste la résine de cannabis, ou haschich, du Maroc, passant par la Mauritanie et le Mali en passant par le Niger et la Libye. On mentionne également, cependant, des convois de haschisch transportant de la cocaïne, car les routes d’approvisionnement des deux produits de stupéfiants convergent au Mali et prennent la même direction.

– Le 29 avril 2020, la Haute Cour de Niamey a condamné en avril 2018 100 personnes arrêtées pour leur implication dans le trafic international de drogue, comme indiqué dans les rapports précédents du Groupe (voir S / 2018/581, par. 126 à 129, S / 2019 / 137, par 65 à 68 et S / 2019/636, par. 106-108). Une cargaison de haschich de 10 tonnes avait été transportée du Maroc dans des camions frigorifiques via la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso vers le Niger. La plus grande partie de la cargaison, environ 7 tonnes, a été transportée dans un entrepôt à Niamey dans la nuit du 12 au 13 avril 2018 et aurait été acheminée vers la Libye. Deux mois après les arrestations, le 13 juin 2018, les autorités nigériennes ont confisqué 2,5 tonnes qui étaient cachées dans le même entrepôt.

– Abdelali Boutafala, un ressortissant marocain, a été condamné à trois ans de prison. Il était arrivé la veille avec Ali Boulouha, qui a échappé à l’arrestation et est retourné au Maroc, où il est surveillé par la police mais n’a pas été arrêté. Les deux Marocains avaient été suivis jusqu’à l’entrepôt. Le locataire de l’entrepôt, Almahdi Hamaou, de nationalité nigérienne, a été condamné à quatre ans de prison, tout comme Ahmed Mohamed Lackcherie, alias Banjar, qui aurait détourné une partie de la cargaison aux frais de Rouggy et Moulati. Banjar avait fui en Algérie, mais a été arrêté à Tamanrasset le 16 décembre 2018 et extradé vers le Niger le 1er mars 2019.102

– Dans son précédent rapport final (S / 2019/636, par. 112 à 113), le Groupe d’experts faisait état de 12 tonnes de haschisch saisies par les autorités marocaines à Guerguerat dans un camion. La cargaison, constituée de plastiques sous lesquels des médicaments étaient cachés, était destiné à une société dénommée Sanfo Commerce et Service (SCS) à Bamako. SCS portait le même nom de la société que le complice de Rouggy dans l’opération de trafic de cocaïne à Bissau en mars 2019, Sidi Ahmed Mohamed, avait eu l’intention d’y implanter. Le Panel a inspecté, en coordination avec les autorités compétentes, les locaux déclarés de SCS à Bamako pour constater que l’adresse indiquée était la résidence d’une personne ne participant à aucune activité commerciale. SCS sera probablement une autre société écran utilisée pour couvrir les opérations de trafic de drogue.

– La cargaison avait été exportée par la société de transport Impargo Maroc, enregistrée à Casablanca (Maroc) le 11 mai 2017. La personne ayant immatriculé la société semblait avoir commis une fraude d’identité.

– S’agissant d’une saisie de haschich signalée au Sahara occidental en juillet 2019, le Groupe a appris que le convoi était destiné à être repris par Badi Ould Oumar, de la fraction Oualad-Ich des Arabes bérabiches, du Likrakar, au nord de Tombouctou. Ould Oumar aurait négocié la libération de l’un des prisonniers, vraisemblablement son cousin Badi Ould Oumar est associé à MAA-Plateforme. La saisie aurait été une représaille des trafiquants de drogue sahraouiens pour l’augmentation des paiements de convoi prélevés par les éléments armés associés à MAA-Plateforme pour faire avancer la drogue. Ould Oumar a également été impliqué dans un violent affrontement autour de la drogue à la mi-novembre 2019 (voir par. 93 à 96 ci-dessous).
Mauritanie, avril 2020

– Lors d’une opération menée les 10 et 11 avril 2020, les forces armées mauritaniennes ont intercepté et détruit deux véhicules venus du Sahara occidental, se déplaçant vers le sud-est en direction de la frontière avec le Mali. Au cours de l’opération, un véhicule censé rencontrer les deux véhicules est venu de la frontière avec le Mali. Sept personnes ont été appréhendées et 700 kilogrammes de drogue, supposément du haschich, ont été confisqués, tandis qu’environ 1 800 kilogrammes ont été brûlés lors de la destruction des véhicules.

– Parmi les personnes arrêtées en provenance du Sahara occidental, il y avait un certain Hdaidi, qui serait le chef du convoi. Parmi les personnes arrêtées en provenance du Mali figurait Oudha Ould Saad (orthographe phonétique), dont l’oncle, Hammi Ould Moctar ou Elmoctar, fait partie d’une poignée d’hommes d’affaires maliens, dont Guigoz (voir par.94 ci-dessous), contrôlant le trafic de drogue de Mauritanie via Tombouctou et Régions de Taoudenni. Hammi Ould Moctar, qui réside à Fassalé, en Mauritanie, est également connu sous le nom de Hammi Alkwari, le nom de famille faisant référence à une localité près de Nampala où il est né. Le Groupe d’experts ne sait pas encore sur quel groupe armé il s’appuie.

– Le Groupe n’a pas été en mesure d’identifier des personnes ou entités impliquées dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments en amont et en aval du Mali et du Niger dans le cadre de l’affaire, à l’exception de la recherche de plusieurs prénoms et numéros de téléphone de personnes au Maroc, en Libye, en Tunisie et en Égypte. Le Groupe spécial a demandé au Gouvernement marocain des informations sur l’identité des fournisseurs de haschich par l’intermédiaire de ces numéros de téléphone. Dans la réponse, il a été mentionné que l’un des numéros de téléphone appartenait à une société de Salé, mais le nom n’a pas été divulgué car l’information a été générée dans le cadre d’une demande internationale de coopération judiciaire. En effet, le Niger avait demandé ces informations, mais les autorités judiciaires du Niger ont déclaré au Groupe d’experts qu’elles n’avaient jamais reçu de réponse du Maroc.

– Encourager le Gouvernement marocain à échanger des informations avec le Gouvernement nigérien et avec le Groupe afin de faciliter d’éventuelles poursuites judiciaires supplémentaires et / ou des désignations de sanctions liées au trafic de stupéfiants par ou au profit d’individus sanctionnés Mohamed Ben Ahmed Mahri (MLi.007) et Mohamed Ould Mataly (MLi.008);

– L’implication des groupes armés dans le crime organisé continue d’évoluer principalement autour du transport de haschich, conduisant à des affrontements meurtriers pouvant constituer des violations du cessez-le-feu et menaçant la mise en œuvre de l’Accord, en vertu duquel les parties s’engagent à lutter conjointement contre le crime organisé. Pour aider à endiguer les flux de drogue déstabilisateurs, la liste des sanctions doit également viser les fournisseurs. Le Maroc est très réceptif au Groupe dans son ensemble, mais n’a fourni ni au Groupe ni aux autorités nigériennes les informations d’identification disponibles sur les personnes et entités fournissant du haschich au réseau criminel de Mohamed Ben Ahmed Mahri (MLi.007), également connu sous le nom de Rouggy.

Tags : Maroc, Mali, trafic de drogue, cannabis, haschich,

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