Libye : L’occident et ses prédateurs

Dans sa conférence de presse animée hier à Alger, le ministre des Affaires étrangères a mis en exergue le poids de l’Algérie dans le solutionnement du conflit libyen. Sabri Boukadoum a souligné la demande pressante de nombreuses parties libyennes en faveur d’une médiation exclusivement algérienne dans la recherche d’une issue à un conflit qui n’a que trop duré. L’Algérie qui a hérité d’un conflit majeur à ses frontières sud-est n’a absolument aucune main dans son éclatement. Et pour cause, tout le monde sait la part active prise par Nicolas Sarkozy dans la destruction de la Libye, comme tout le monde savait le malheur qu’avait provoqué Gorges Bush en Irak et en Afghanistan. Comme les Américains en 2008, les français ont opté pour un autre président et une nouvelle vision qui serait assujettie aux intérêts de la France dans la région.

Le mal fait à la Libye date de plus de 19 ans déjà. Entre temps, l’opinion publique française qui semble faire attention à l’image de son pays dans le monde, a changé de président. Les électeurs ont-ils changé de président parce qu’ils voudraient voir la politique étrangère de leur pays évoluer dans un sens moins guerrier, plus humaniste et surtout conforme au respect des droits de l’homme ? Ce genre de questions est posé par les citoyens de pays agressé et leurs voisins. Mais ce genre de considération n’entre que très peu dans l’évaluation que font les peuples occidentaux de leur gouvernants. Ce qui est valable aux USA, l’est également en France. Les zones chaudes, anciennement gérées par le couple Bush-Sarkozy, Obama-Sarkozy, Obama-Hollande et aujourd’hui, Trump-Macron n’ont pas du tout évolué dans le sens du respect des peuples agressés. C’est toujours l’intérêt des puissants qui compte.

Il suffit de comparer les discours électoraux de tous ces présidents avec leurs politiques sur le terrain pour comprendre que les électeurs ont été trompés. En matière de politique internationale.

En fait, les électeurs français pour la question de la Libye notamment, ont donné, sans le savoir, un quitus à un petit groupe d’individus pour accabler un peuple au mieux de leurs intérêts étroits. Les Présidents ne sont là que pour donner une devanture démocratique à une politique étrangère élaborée Dieu sait où. Cette hypothèse devient une évidence lorsqu’on entend les dirigeants occidentaux, dont des Français, parler de la Syrie et des autres pays en conflit. On ne voit aucune différence avec les propos jadis. On est, en tout cas, très loin des propos électoralistes…
Par Nabil G.

Ouest Tribune, 12 jui 2020

Tags : Libye, Occident, impérialisme, pétrole,

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