Mali / Crise politique : l’opposition rejette les propositions de la Cédéao

AA / Kané Illa

L’opposition malienne regroupée au sein de la plateforme dénommée «Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP)» a rejeté les propositions formulées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) dans le cadre d’une médiation pour trouver des solutions à la crise politique qui secoue le Mali.

Dans un communiqué publié samedi, le M5-RFP a indiqué avoir appris « avec étonnement et surprise dans les médias et sur les réseaux sociaux » le communiqué de la mission de la Cédéao, estimant que ledit communiqué « ne prend aucunement en compte la source de tous les maux et de toutes les crises au Mali, à savoir, la mauvaise gouvernance, la corruption et la violation des principes républicains ».

Appréciant la proposition d’organisation des législatives partielles formulée par la mission de la Cédéao, la plateforme de l’opposition malienne a indiqué qu’elle est « totalement illégale ».

Le M5-RFP a, en outre, rejeté la proposition relative à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale suggérée par la mission de la Cédéao et annoncée préalablement par le président Ibrahim Boubaker Keita.

«Dans les circonstances actuelles, aucun gouvernement, même « d’union nationale » dont le M5-RFP n’est ni demandeur ni preneur, ne saurait résoudre les problèmes du Mali», a prévenu l’opposition malienne.

Le M5-RFP a réaffirmé «sa détermination à mettre en œuvre tous les moyens légaux et légitimes pour atteindre cet objectif qui seul aujourd’hui peut sauver le Mali».

La Cédéao avait dépêché, jeudi dernier, une mission de médiation au Mali en vue de rapprocher les points de vue et de résorber la crise politique dans le pays.

Dans un communiqué publié vendredi, cette mission avait appelé à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et à la reprise des élections législatives dans certaines circonscriptions, au terme de ses concertations avec les différentes parties malienne (gouvernement et opposition).

La mission a, également, insisté sur la nécessité d’ »accélérer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ».

Composée par les ministres des Affaires étrangères du Niger, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire et de responsables de la Cédéao, la mission est arrivée jeudi à Bamako, où elle a rencontré le président Ibrahim Boubacar Keïta, les représentants de l’opposition et de le société civile.

Depuis le 5 juin, des partis politiques de l’opposition, des associations religieuses et de la société civile, réunis au sein d’une plateforme dénommée « Mouvement du 5 juin », exigent la démission du président Keïta, l’accusant de « mauvaise gouvernance », notamment dans le domaine de la sécurité.

Vendredi, ce mouvement mené par l’Imam Mahmoud Dicko (ancien président le Haut Conseil islamique malien de janvier 2008 à avril 2019) a organisé une gigantesque manifestation à Bamako.

Anadolu

Tags : Mali, IBK, CEDEAO,

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