Sahara Occidental: Les gesticulations désespérés du Maroc.

Au Sahara Occidental, Le Royaume du Maroc est dans une position difficile. Il subit les événements depuis l’annulation de l’accord commercial UE-Maroc par la cour de justice européenne le 10 décembre 2015 [1] . Depuis il entreprend des initiatives diplomatiques sur le terrain tendant à reprendre l’initiative, à imposer ses points de vue et à créer les faits accomplis. Toutes ces démarches ont abouti au contraire à des défaites cuisantes . Et pour couronner le tout, l’avis de l’avocat général de la cour européenne de justice (CJUE),Melchior Wathelet, affirmait le 13 Septembre 2016 que le Sahara occidental ne fait pas partie du Maroc et que c’est un territoire candidat à la décolonisation depuis 1964 selon la résolution 1514 relative aux territoires colonisés [2].
Le différent Maroc-Nations-unis
La position du Royaume concernant l’avenir du sahara occidental estambiguë en apparence. Il a signé unaccord avec le Front Polisario en 1991 [3], prévoyant un referendum d’autodétermination et la MINURSO est depuis présente sur le territoire pour l’implémenter d’une part et d’autre part Il proclame depuis 2003 que le référendum est obsolète et que seule l’autonomie est acceptable.
Il ne dénonce pas l’accord de 1991 qui aurait eu pour conséquence le départ de la MINURSO et la reprise des hostilités. Mais par manœuvres successives il veut annihiler la mission principale de la MINURSO qui est le référendum d’autodétermination et en faire un simple outil de cessez-le-feu.
C’est sous cet angle là qu’il faut voir le refus marocain à recevoir Mr Christopher Ross et l’expulsion de la mission civile de la MINURSO.
Au jour d’aujourd’hui la MINURSO est toujours présente sur le territoire et le Royaume du Maroc refuse de la laisser terminer son travail. Dans ces circonstances, le conflit Nation-Unis-Maroc est inévitable.
Les événements d’ELGUARGARAT 
La zone d’ELGUARGARAT ou plus exactement ce qu’on appelle ‘KANDAHAR’ est situé au delà du mur érigé par le Maroc donc en dehors de sa zone de contrôle d’après l’article N°1 du traité de cessez-le-feu de 1991.
Sous prétexte de pourchasser les contre-bandiers, des éléments armés marocains ont investis les lieux. De plus ils ont commencé à ériger une route goudronnée prélude à la la liaison avec la GUERRA et l’annexion de toute la zone.
Le Front Polisario a tout de suite envoyé des unités de gendarmerie de l’ALPS et contraint les Marocains de stopper leur avancé vers la Guerra. Desormais les forces armées de l’ALPS se trouvent à 120 m des éléments marocains [4].
La tentative d’annexer la zone partant du mur jusqu’à la GUERRA est donc un echec cuisant. Les nations-unis demandant aux belligérants de ramener leur forces à leur positions initiales.
La Demande Du Maroc de revenir dans l’Unité Africaine
Le Royaume du Maroc s’est retiré de l’OUA, Ancêtre de l’UA, au mois de Novembre 1984 suite à l’admission de la RASD (République Arabe Sahraoui Démocratique) en son sein. Les états africains, excédés par le comportement de HASSAN II, qui aprés avoir promis en 1981 au sommet de Nairobi d’organiser le referendum d’autodétermination, tardait à le mettre en pratique, ont décidé donc d’admettre la RASD au sein de l’OUA.
Au fil des ans, le royaume du Maroc s’apercevait de plus en plus que la politique de la chaise vide portait préjudice à sa politique d’annexion il décida donc de demander officiellement sa réintégration.
Mais cette adhésion à l’UA (Unité Africaine), Le royaume la veut à la condition que la RASD en soit exclue. Ce qui est, vu les statuts actuels de l’UA, impossible. Ces statuts ne prévoient pasl’exclusion d’un état membre et demande à tout nouveau pays adhérent de respecter les frontières héritées de la colonisation.Aujourd’hui le Maroc n’est prêt ni à s’asseoir à lamême table que la RASD ni à reconnaître lesfrontières héritées de la colonisation. 
Lui restera d’avoir le soutien des 2/3 tiers des pays africains afin de changer les statuts de l’UA. Cette hypothèse est fortement improbable, vu le rapport des forces au sein de l’UA. Les trois pays piliers de l’UA, L’afrique du sud l’algerie et le nigéria, soutiennent la RASD.
Le Maroc, Le Sahara Occidental et La Cour Européenne
Le Maroc a signé deux accords agricoles et commerciaux. L’un avec les états-unis qui exclue explicitement le sahara occidental, l’autre avec l’Unité européenne qui ne souffle mot sur le sahara occidental entretenant l’ambiguïté.
C’est cette ambiguïté qui explique le jugement le jugement de la CJUE du 12 décembre 2015 qui annule l’accord UE-Maroc considérant que dans les faits il s’applique au Sahara occidental alors qu’il ne fait partie du Maroc, Alors que l’avis de l’avocat général Melchior Wathlete considère que l’accord UE-Maroc ne concerne que ce dernier pays le sahara occidental n’est pas concerné car ne faisant pas partie du Maroc.
Les conclusions de la CJUE, aussi bien son jugement du 12 décembre 2015 que l’avis de son avocat général du 13 septembre 2016 , reposent essentiellement sur le fait que le » Sahara Occidental ne fait pas partie du Maroc » et est candidat à la décolonisation depuis 1964. Ce qui représente un revers majeur pour la thèse marocaine.
L’Avenir Appartient au Sahara Occidental et à Son Peuple
L’avenir du Sahara Occidental est entre les mains du peuple sahraoui. Il a pour lui sa légitimité historique, son unité et sa détermination. Il a réussi à stopper les manœuvres marocaines. Il vient de remporter une victoire décisive à la cour de justice européenne.
A l’avenir le Royaume du Maroc, aura beaucoup de mal à discuter de son projet ‘d’autonomie’ car dénué de tout fondement juridique et historique. En réalité le jugement et l’avis de la CJUE n’a fait que rappeler l’avis de la cour de la haye du 15 octobre 1975.
Dorénavant la solution du conflit ne peut se faire sans passer la légalité internationale qui est le référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Cette situation fragilise aussi le comportement français qui soutient aveuglement son allié marocain.
En attendant, tout pillage des ressources sahraouis, surtout par les européens devient illégal si tant est qu’un jour il soit légal.
Au jour d’aujourd’hui, si le Royaume du Maroc désire adhérer à l’UA, il faut qu’il se résout à s’asseoir à coté de la RASD et reconnaître les frontières héritées de la colonisation.
[1] Journal ElWatan du 16/02/2016 : » Le Maroc suspend ses contacts avec l’UE »: Lire en Ligne[2] Site de la cour européenne de justice (CURIA) conclusions de M.Wathelte: Lire en Ligne .[3] Accord de cessez-le-feu Maroc-Front Polisario présenté du 20 Juin 1990 Lire en Ligne.
[4] Journal le Figaro du 7 sept 2016: « Face à Face dangereux au sahara occidental » Lire en Ligne