Sahara Occidental: L’ONU veut relancer le processus de Manhasset

Y a t-il une relation entre les manoeuvres actuelles du Palais royal, dont cette étrange demande d’admission à l’Union africaine, et les préparatifs au sein de l’ONU pour la reprise des négociations entre le Maroc et le Front Polisario, sous les auspices de l’envoyé spécial du SG de l’ONU, pour sortir le dossier de décolonisation du Sahara Occidental de l’impasse dans laquelle le Maroc l’a fourvoyé ? 
Au vu des dernières déclarations d’un porte-parole de l’ONU sur une prochaine tournée dans la région de M. Christopher Ross, il est évident qu’àRabat cela ne plaît guère. Farhan Haq, porte-parole adjoint de l’ONU a ainsi indiqué lundi à New York que l’ONU prépare une «proposition formelle» pour relancer les négociations sur le Sahara Occidental, et, dans la foulée, une tournée dans la région de M. Ross, qui a pris contact depuis une semaine avec les parties prenantes. Il a notamment signifié au Maroc et au front Polisario «la nécessité de réactiver le processus de négociations au Sahara occidental, et fixer les dates d’une prochaine visite », ajoute Farhan Haq. 
«Une proposition formelle est en train d’être faite aux parties et aux pays voisins», a-t-il ajouté, sans pour autant donner plus de détails. Lors de sa dernière résolution sur ce dossier pendant, le Conseil de sécurité de l’ONU avait réclamé le 26 juillet dernier la reprise des négociations menées sous l’égide des Nations Unies pour déterminer le statut du Sahara Occidental. Le Conseil de sécurité avait aussi noté des progrès dans le règlement de la crise diplomatique provoquée par le Maroc avec le SG de l’ONU, après que celui-ci ait parlé d’occupation (du Sahara Occidental) à l’issue de sa tournée dans la région. Cette crise diplomatique est née de la décision de Rabat d’expulser les experts civils de la Mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso). Désormais, «rien ne s’oppose à ce que M. Ross retourne dans la région pour poursuivre ses efforts de facilitation», explique le porte-parole adjoint de l’ONU, qui a ajouté que ‘’je pense qu’il peut retourner dans la région à n’importe quel moment». Aucune date de cette tournée n’a été fixée. 
Les négociations indirectes entre le Maroc et le Polisario sous les auspices de l’ONU avaient tenu quatre rounds à Manhasset, près de New York, mais sans résultats. Sur la table, il y avait deux propositions soumises aux parties en conflit: un référendum d’autodétermination au Sahara Occidental, ou une large autonomie du territoire sous souveraineté marocaine. Ce processus de négociations de Manhasset (quatre rounds ou Manhasset I, II, III, IV) a eu lieu entre 2007 et 2009 entre le Maroc et le Front Polisario, et sont en fait les premières négociations directes depuis le Plan Baker, sabordé par Rabat
Ces négociations sont intervenues, rappelons-le, sur la base des recommandations de la résolution 1754 du conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 30 avril 2007, et qui appelaitRabat et le Front Polisario à entamer des négociations directes, sans conditions préalables, et de bonne foi. Dans son dernier rapport fin avril dernier sur la situation au Sahara Occidental, le secrétaire général des Nations Unies, Ban ki-Moon, avait insisté sur un règlement pacifique et mutuellement acceptable du conflit, et a fait référence à l’impasse dans le processus de négociation et remis sur la table l’esprit de Manahsset. 
Dans une déclaration du 4 novembre 2015, il a précisé que ‘’je rappelle que le statut définitif du Sahara Occidental est l’objet d’un processus de négociation mené sous mes auspices, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », avant de regretter ‘’l’absence de véritables négociations sans conditions préalables et de bonne foi pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui. » M. Ban a rappelé dans son dernier rapport qu’à sa demande, son envoyé personnel, Christopher Ross, ‘’proposa d’intensifier ses efforts pour une reprise des négociations entre le Front Polisario et le Maroc, par le biais de consultations bilatérales et la navette diplomatique. Son objectif était de favoriser de nouvelles idées avec en vue de reprendre les négociations politiques entre les parties, conformément à la formule Manhasset ».