Le Chef du DKPO briefe le Conseil de Sécurité sur la MINURSO

Le Sous-Secrétaire général pour les opérations de Maintien de Paix Hervé Ladsous informera ce soir les membres du Conseil de Sécurité sur la situation au Sahara occidental. Le Venezuela a demandé la réunion d’information afin de s’enquérir de la situation sur le terrain et les efforts entrepris en vue de restaurer la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour qu’elle puisse remplir sa pleine fonctionnalité après la décision du Maroc d’expulser une majorité des membres du personnel civil de la mission.
La réunion d’aujourd’hui est la première dans son genre depuis l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2285, qui a renouvelé le mandat de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour une année. Cette résolution n’a eu le soutien que de dix membres du Conseil, deux ayant voté contre (Uruguay et Venezuela) et trois se sont abstenus (Angola, la Nouvelle-Zélande et la Russie).
La Résolution 2285 a souligné la nécessité urgente pour la MINURSO de recouvrer sa pleine fonctionnalité, et les membres du Conseil sont intéressés de savoir si des progrès ont été réalisés à cet égard. Les membres du Conseil voudront s’enquérir, en particulier, de la « mission technique » du Département des opérations de maintien de la paix (DPKO) qui a séjourné à El Aaiun. 
Le rapport du Secrétaire général sur le Sahara occidental du mois d’avril 2016 avait souligné que, sans une composante civile internationale appropriée et avec l’entièreté de son personnel, la mission ne peut pas remplir une de ses fonctions basiques et, par conséquent, elle ne pourra pas répondre aux attentes du Conseil. Il a en outre noté que l’expulsion de la plupart des membres de la composante civile internationale de la MINURSO avait abouti à la «modification de facto du mandat de la MINURSO », et a averti que l’incapacité de la mission d’exécuter ses tâches prescrites entraînerait, à court ou moyen terme, des conséquences importantes pour la stabilité de la région, ainsi que pour la crédibilité du Conseil et les opérations de maintien de la paix et des missions politiques à l’échelle mondiale. Dans ses recommandations, le Secrétaire général a appelé le Conseil à rétablir et à soutenir le rôle confié à la MINURSO, et a recommandé que le Conseil proroge le mandat de la MINURSO pour une nouvelle année.
De profondes divisions demeurent au sein du Conseil sur le Sahara occidental, comme en témoignent les négociations sur la résolution 2285. Parmi les questions litigieuses le fait que la résolution a souligné la nécessité urgente de rétablir la pleine fonctionnalité de la mission, mais ne s’est pas prononcé sur les mesures á suivre à cet égard. Plusieurs pays, dont l’Angola, la Nouvelle-Zélande, l’Uruguay et le Venezuela, ont déclaré que la résolution aurait dû exiger le retour immédiat du personnel expulsé.
Les membres du Conseil qui sympathisent avec la position marocaine, comme l’Egypte, la France, le Sénégal et l’Espagne, ont résisté à une pression sur le Maroc de la part du Conseil pour le contraindre à faire marche arrière sur sa décision. Ces pays ont préconisé une implication minimale du Conseil à travers des efforts bilatéraux pour résoudre la crise. D’autres membres estimaient que le Conseil doit agir pour protéger la mission de la MINURSO qu’il a mandaté et ont cherché une plus grande implication du Conseil. La séance d’information d’aujourd’hui sera la troisième dans son genre sollicitée par le Venezuela, qui, avec l’Uruguay, avait demandé des séances d’information le 7 et le 13 Avril.
Le 14 Juin, les membres du Conseil, l’Angola et le Venezuela ont fait des déclarations au cours d’une réunion du Comité spécial de la décolonisation en mettant l’accent sur le Sahara occidental. L’Angola a exprimé sa préoccupation au sujet des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés sahraouis, alors que le Venezuela, qui préside le Comité spécial, a appelé à la restauration de la pleine capacité de la MINURSO.
Dans la résolution 2285 du Conseil, le Secrétaire général est prié d’informer dans les 90 jours si la MINURSO est revenu à sa pleine fonctionnalité et a exprimé « son intention, dans le cas contraire, à envisager la meilleure façon d’y parvenir ». Le délai des 90 prendra fin le 31 juillet.
Source : What’s in Blue, 15 juin 2016