«La France ne veut pas de paix dans la région»

Le ministre sahraoui des Affaires étrangères accuse la France d’empêcher la paix dans la région. Une position qui selon lui, est loin d’être «juste» et représente, de surcroît, une «menace» pour la sécurité dans la région. 
Rym Nasri – Alger (Le Soir) – Mohamed Salem Ould Salek est affirmatif. La France ne veut pas de paix dans la région. «Sinon, pourquoi elle soutient le Maroc contre vents et marées ?», a-t-il argué hier, lors d’une conférence tenue à Alger. 
Pourtant, rappelle-t-il, «la France intervient militairement dans plusieurs pays tels que le Mali, la Syrie et la Libye, au nom de la défense des droits de l’Homme, mais en parallèle, elle empêche le Conseil de sécurité et la Minurso de veiller sur les droits des Sahraouis». 
Pour lui, le soutien du Maroc dans sa décision de ne pas opérer le retour de la Minurso qui veille au maintien du cessez-le-feu dans les territoires occupés est loin d’être une position juste. 
Le ministre sahraoui des Affaires étrangères se montre plus compréhensif à l’égard de l’Espagne, qui use de «tactique» pour obliger le Maroc à ne pas être «regardant» sur la partie nord du royaume. «L’Espagne fait tout pour que le Maroc s’occupe de la partie sud», explique-t-il. 
Par contre, la position de la France qui va à l’encontre de ses principes reste incompréhensive «si ce n’est la volonté de maintenir le conflit dans la région», conclut-il. 
Une position qui représente d’ailleurs, poursuit-il, «une menace pour la sécurité et la paix dans la région». Selon lui, la France cherche à mettre la pression sur l’Algérie et influencer ses positions officielles. «La France a de lourdes responsabilités», dit-il encore avant d’ajouter : «il ne faut pas oublier le soutien financier qu’apporte des pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes au Maroc et ce, depuis la guerre de 1975». Mohamed Salem Ould Salek rappelle par ailleurs, le rôle du royaume dans la propagation de la drogue dans la région et l’implication des «barons» marocains dans les attentats de Madrid, Bruxelles et Paris. Selon lui, 90% des terroristes au nord du Mali sont impliqués dans le trafic de drogue au Maroc. 
S’agissant de la dernière résolution du Conseil de sécurité qui contraint le Maroc à rapatrier les éléments de la Minurso qu’il a chassé et ce, dans un délai de trois mois, il déplore qu’à ce jour, «le royaume n’exprime aucune volonté sincère d’appliquer la résolution du Conseil de sécurité ainsi que la levée des entraves qu’il crée devant les efforts des Nations-Unies pour consacrer l’autodétermination du peuple sahraoui». 
Ry. N.