Le Maroc veut empêcher le retour de la MINURSO avec les menaces de Daech

Le soutien inconditionnel de la France au Maroc dans la question du Sahara Occidental et les éloges exprimés par les thuriféraires européens du Makhzen a eu un effet pervers : il a donné lieu à un travail continu d’auto-suggestion qui a fini par convaincre les autorités marocaines que leur pays est indispensable dans la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine, au point de se croire invulnérables et intouchables. C’est cet état d’esprit qui les a poussées à expulser une partie de la mission onusienne qui opère dans le territoire sahraoui (MINURSO).
A cause de cette conviction d’impunité, les autorités marocaines ne s’attendaient pas à ce que le Conseil de Sécurité adopte une position de fermeté contre leur décision qu’ils avaient qualifiée de « irreversible ». Alors, les marocains cherchent désespérément le moyen d’empêcher la composante civile de la MINURSO. Dans ce but, ils n’hésitent pas à faire le ridicule en réveillant leur valets dans l’organisation terroriste qu’ils ont créé au Mali en vue de déstabiliser l’Algérie et le Polisario. Le MUJAO qui s’est rebaptisé « Etat Islamique du Grand Sahara » et qui vient de menacer d’attaquer la MINURSO. Mais c’est peine perdue. Que les marocains le veuillent ou pas, le personnel de la MINURSO retournera au Sahara Occidental et ils seront bel et bien obligés de rendre leur décision reversible en se pliant à la volonté de la communauté internationale. 
Dans trois mois, peut-être avant, les fonctionnaires onusiens expulsés seront de retour. Cependant, leur avenir sur le terrain ne sera pas des plus faciles. Ils doivent s’attendre à ce que les marocains rendent leur séjours au Sahara Occidental pire que le pire des enfers. Ils vont être obligés de remémoriser les vieilles pratiques du Makhzen qui ont été dénoncées par le SG de l’ONU dans son rapport d’avril 2012. Grossiéreté, menaces, filature, espionnage, écoute de leur communications, chantage, étaient le mode d’emploi embrassé par Rabat pour imposer ses choix et avorter les efforts de la communauté internationale en vue de résoudre le conflit qui l’oppose aux Sahraouis. 
Le Maroc montrera à nouveau son vrai visage, celui d’un Etat voyou qui se moque de la loi, de la morale et de toute éthique.