Le rôle néfaste de la France

Adoption de la résolution autour du Sahara Occidental – Le rôle néfaste de la France
La résolution finale du Conseil de sécurité reste bien en deça des attentes et des progrès espérés pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. La première mouture du texte établie sur proposition américaine a été torpillée par la France, soutien inconditionnel du Maroc même si ce dernier a été mis dans une position bien délicate et difficile à dépasser par les injonctions onusiennes.
L’affaire a, en tous les cas, généré des dissensions profondes au sein du Conseil de sécurité qui s’est partagé de manière inédite ce vendredi, jour du vote de la fameuse résolution. Il y avait d’un côté le groupe des amis du Sahara occidental : la Russie, la Nouvelle-Zélande, l’Angola, le Venezuela et l’Uruguay qui se battent pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Et de l’autre, la France, l’Espagne et le Sénégal, engagés du côté marocain. Ces trois pays ont œuvré avec acharnement pour amoindrir le caractère urgent de la proposition américaine qui enjoignait le Maroc d’accepter le retour de la Minurso (Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara occidental) dans les soixante jours, faute de quoi il serait passible de sanctions. 
La fermeté du ton a déchaîné le groupe qui soutient le Maroc. Aidée du Sénégal et de l’Espagne, la France agit alors pour ôter le caractère urgent de la résolution. Le Conseil de sécurité est complètement partagé. Le vote qui devait se dérouler jeudi est reporté au lendemain car les représentants des pays comme la Russie, le Venezuela et l’Uruguay veulent en référer à leur gouvernement avant toute décision. L’Angola, la Nouvelle-Zélande et la Russie s’abstiendront cependant durant le suffrage. 
L’Uruguay et la Nouvelle-Zélande votent contre la résolution et mentionnent le caractère «néfaste» de la France dans l’affaire et la résolution du conflit. Les Russes critiquent de leur côté l’attitude marocaine. La délégation russe citée sur le site officiel des Nations-Unies a même déclaré que le texte présentait une «faiblesse majeure», au paragraphe 9 du préambule, où il est dit que «des efforts sérieux et crédibles» ont été «faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement». Toute personne qui connaît la situation sait que cette formule n’est «pas d’actualité», a tranché le représentant. 
La résolution présentée par les États-Unis et adoptée par le Conseil de sécurité prolonge quant à elle le mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2017. Selon l’ambassadrice américaine aux Nations-Unies, Samantha Power, le renouvellement du mandat de la Minurso a été «un défi litigieux. C’est un euphémisme que de le dire». La résolution «réaffirme» également les résolutions précédentes axées sur le principe de l’organisation d’un référendum d’autodétermination du Sahara occidental.
Il faut savoir que l’ambassadeur de France aux Nations-Unies, François Delattre, s’est félicité de la nouvelle mouture du texte en qualifiant la résolution d’ «équilibrée». 
De son côté, l’Algérie estime que cette résolution «s’inscrit globalement dans la cohérence des doctrines de l’Organisation universelle en matière de décolonisation et en ce qui concerne ses opérations de maintien de la paix». L’Algérie «accueille en particulier avec satisfaction la décision du Conseil de sécurité de reconduire le mandat de la Minurso pour une période d’une année et de reconnaître l’urgente nécessité pour cette mission d’être rétablie dans la plénitude de ses fonctions» et se dit satisfaite de «la ferme et opportune réaffirmation du soutien» du Conseil de sécurité et de la communauté internationale au secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon, ainsi qu’à son envoyé personnel Christopher Ross et à sa représentante spéciale, chef de la Minurso, Kim Bolduc. 
Enfin Alger espère que «des mesures seront rapidement prises afin de permettre à la Minurso d’accomplir pleinement ses fonctions dont le couronnement réside dans l’organisation au Sahara occidental d’un référendum d’autodétermination libre et sans contrainte administrative ou militaire».
A. C.