L’arme de la paix

Le front de la résistance à la liberté sahraouie injustement confisquée se rétrécit. Et, de plus en plus, le camp de la paix se renforce d’un consensus à statut massif aux antipodes du combat d’arrière-garde de certaines puissances affairées à privilégier leurs intérêts commerciaux au détriment de la légalité internationale et des principes universellement admis en matière notamment des droits de l’homme durement réprimés. 
Gdeim Izik ? Une facette du génocide à huis clos et d’un drame d’un peuple voué à l’exode dans les camps du dénuement et à la douloureuse séparation des familles imposée par le « mur de la honte ». Une réalité longtemps voilée aux composantes de la société civile internationale, à la famille des organisations humanitaires, aux médias étrangers, aux élus européens et aux personnalités influentes dans le monde empêchés manu militari de séjour, jusque y compris le secrétaire général de l’ONU interdit de visite à El Ayoune occupée. 
La défiance marocaine a ébranlé l’édifice onusien gravement secoué par la crise de crédibilité révélée par l’expulsion de la composante civile de la Minurso. Incontestablement, il y a matière à casus belli. Et, pas seulement pour le peuple sahraoui, acquis un quart de siècle durant à la résistance pacifique. Mais, surtout, pour l’ONU doublement interpellée sur sa vocation fondamentale de maintien de la paix et de parachèvement de la décolonisation. 
Par delà le forcing du seul allié français de l’occupant marocain, désespérément soutenu par l’Egypte et le Sénégal, le temps de la décolonisation inachevée mobilise la communauté internationale soucieuse de sauver le temps de la paix menacé par la perpétuation du déni colonial, de l’impunité et du diktat. 
Dans cette dérive qui plombe le rêve chimérique d’une autonomie factice, érigée en dogme pour mieux occulter les droits nationaux sahraouis, le temps de paix s’apprécie à l’aune du retrait de l’ancienne puissance coloniale, prenant ses distances avec l’encombrant allié marocain, du veto de la Cour de justice de l’Union européenne frappant de nullité l’accord agricole conclu entre l’UE et le Maroc, au lourd réquisitoire de l’Union africaine prononcé au Conseil de sécurité et, surtout, de l’ultimatum fixé par le Conseil de sécurité ordonnant le rétablissement de la Minurso pour la poursuite de la mission référendaire et, le cas échéant, l’édiction de mesures contraignantes. 
Le piège de la Minurso, dont le départ a été jugé « irrévocable », se referme sur le Maroc confronté au choix des armes dont il portera l’entière responsabilité ou de la paix indissociable du droit à l’autodétermination internationalement reconnu.