La responsabilité du Conseil de sécurité devant l’Histoire

par Moncef Wafi
Après le gel des activités de la Minurso dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc après que Rabat ait expulsé son personnel civil, le Polisario a menacé de reprendre les armes. Le message du président sahraoui à l’adresse du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a été clair sur ce sujet. Hier, le Sud-Coréen prenant très au sérieux la volonté des Sahraouis est de nouveau sorti de sa réserve forcée après la tempête médiatique soulevée par le Makhzen accusant Ban de parti pris après sa visite historique dans la région pour relancer les négociations entre les deux parties. 
A un peu plus d’une semaine de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui devra examiner le rapport périodique de son SG sur le Sahara occidental, les tambours de la guerre commencent à résonner. Le Polisario, qui estime que le Maroc ne lui laisse d’autre alternative que de recourir aux armes, met le Conseil de sécurité devant ses responsabilités si ses membres ne font pas l’effort d’interpeller Rabat. Un Conseil où siège en permanence la France, un allié de choix du Maroc. Le rapport de Ban va dans le sens de négociations «sans conditions préalables et de bonne foi» pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable qui permet l’autodétermination du peuple sahraoui. 
Pourtant le SG de l’ONU sait qu’il sera difficile d’arracher à son Conseil de sécurité une condamnation du Maroc, ce même Conseil encadré par les alliés du Royaume et qui avait presque désavoué Ban en ne demandant pas aux Marocains de revenir sur leur décision d’expulser la Minurso. En fait, tout converge à croire qu’on se dirige vers une reprise de la lutte armée pour l’indépendance du Sahara du fait même que la Minurso est empêchée de mener sa principale mission qui est d’organiser le référendum sur l’autodétermination du Sahara. Une issue au dossier dont le SG de l’ONU ne veut pas entendre parler. Même s’il a été obligé de présenter ses excuses au Maroc, Ban en a remis une couche accusant ouvertement Rabat d’être derrière l’échec de l’aboutissement du processus des négociations en s’entêtant à considérer son plan d’autonomie comme seule base pour les négociations. 
Le conflit est loin d’être résolu et ce n’est certainement pas l’attitude pro-marocaine du Conseil de sécurité qui devra le régler. Forcés, les Sahraouis comptent sur le retour de la Minurso auquel cas le Maroc se considérera au-dessus des lois internationales et aura son quitus pour une agression militaire. Les Sahraouis seront alors contraints de défendre leurs droits par tous les moyens légitimes, y compris les armes, certains de la légitimité de leur cause.