L’axe Rabat- Ryadh

Les convergences d’idées, de thèses et d’idéologies entre Rabat et Ryadh à faire dans la déstabilisation du Monde arabe ne datent pas d’hier. Elles viennent de se révéler au grand jour dans la guerre que mène l’Arabie saoudite au Yémen et dans la position commune des deux royaumes au sujet du Sahara occidental, de la Syrie ou de la Libye. 
En effet, aux deux extrémités du Monde arabe, se dressent deux royaumes, l’alaouite et le wahhabite, comme deux chevaux de Troie au service du protecteur US et ses alliés occidentaux, la France particulièrement. Le soutien de l’Arabie saoudite à l’aventure guerrière du Maroc au Sahara occidental souligne les contradictions dramatiques qui divisent les Etats arabes. Nombre de ces Etats qui sont membres de la Ligue arabe sont des alliés fidèles des Etats- Unis. L’histoire est là pour dire la vérité et donne l’exemple de l’Arabie saoudite. Cette monarchie, associée à la stratégie impérialiste américaine depuis de très longues décennies. 
Ce pays, associé à la stratégie américaine depuis 1981 dans le cadre d’une commission mixte tout comme le Maroc, entretient une étroite coopération avec Washington lorsqu’il s’agit de coordonner les actions contre le Monde arabe, l’exemple de la Syrie et de la Libye. Dans le même temps, l’Arabie saoudite prenant l’exemple sur le Maroc colonisateur du Sahara occidental est partie en guerre contre le Yémen sur instruction du Pentagone mais aussi afin de se poser en ennemi juré de l’Iran, de la Fédération de Russie et de la Chine au Moyen-Orient. La Russie s’est pourtant toujours tenue aux côtés des Causes arabes, la Cause palestienne en singulier. Une position constante que redoutent Américains et Occidentaux sans oublier Israël. 
Aujourd’hui, les Etats-Unis ont pu mieux prendre pied en terre arabe sous le couvert d’un  » consensus  » stratégique de lutte contre le terrorisme et disposent d’agents secrets, de collaborateurs et de bases pouvant être utilisées à tout instant pour des agressions contre les pays arabes comme c’est le cas pour la Syrie, le Yémen ou encore la Libye et à travers tout le Continent noir sous prétexte de combattre Daech. 
Les bases en question peuvent également aider les Etats-Unis à organiser ses ponts aériens chaque fois qu’il s’agit de fournir l’aide dont ses alliés de l’Otan peuvent avoir besoin pour leurs agressions là où ils décident et sans oublier que la première aide est octroyée à Israël. Il faut également se rappeler que depuis 1985, l’Arabie saoudite, chef de file des monarchies du Golfe a accepté que ses installations militaires soient mises sous la coupe et à la disposition des Forces d’intervention américaines et cela s’est révélé efficace lors des bombardements aériens US contre l’Irak, la Syrie, la Libye et au Yémen. Un tel accord lie déjà le Maroc aux Etats-Unis. Il concerne les bases de Casablanca et de Sidi-Slimane et peut-être d’autres bases secrètes. L’aviation de guerre US peut les utiliser dans les situations d’urgence, au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique, précise l’accord signé le 27 mai 1982 et dont les deux parties signataires ont déclaré qu’il comportait des dispositions secrètes, comme d’ailleurs l’accord de coopération stratégique israélo-américain.
B. C.