Ballet diplomatique français à Alger

LE FOLL, AYRAULT PUIS MANUEL VALLS
Ballet diplomatique français à Alger
C’est un véritable chassé-croisé auquel se livrent les hauts responsables français. Paris qui ne partage théoriquement pas grand-chose d’un point de vue diplomatique avec l’Algérie, tient tout de même à prendre sa part de ce qui reste du «gâteau Algérie» à l’orée d’une crise financière aiguë. Ce ballet a été inauguré jeudi dernier par Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, porte-parole du gouvernement, qui a notamment rencontré son homologue algérien Sid-Ahmed Ferroukhi, mais surtout le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Il sera suivi demain par l’arrivée de son collègue des Affaires étrangères, Jean Marc Ayrault dont c’est la première visite en Algérie depuis sa prise de fonction il y a un peu plus d’un moins. Sauf que ce dernier vient en Algérie à l’invitation des autorités algériennes selon un communiqué de l’ambassade de France. Il y est précisé que M. Ayrault s’inscrit dans la «continuité des nombreuses visites officielles françaises et prolonge la visite de travail et d’amitié que le président de la République avait effectuée en juin 2015 à Alger». Cette visite qui intervient neuf mois après celle effectuée par le président Hollande est destinée à mettre les dernières retouches aux travaux du Comité intergouvernemental de haut niveau qui sera présidé le 9 avril prochain par les deux Premiers ministres français et algérien et qu’Ayrault avait lui-même présidé en décembre 2013 à Alger. Manuel Valls, qui n’a pas bonne presse en Algérie, est en effet attendu à Alger les 9 et 10 du mois prochain. Une occasion pour les deux gouvernements de passer en revue l’état des relations et des projets de coopération mais aussi d’examiner les points d’achoppements notamment sur le terrain diplomatique. Le MAE français va auparavant faire avec Ramtane Lamamra «un tour d’horizon des grands dossiers bilatéraux, notamment en matière de coopération en faveur de la jeunesse» précise le communiqué de l’ambassade de l’Hexagone.
Exit les questions qui fâchent
Et ce ne sont pas les dossiers chauds qui manquent. A commencer par l’affaire du Sahara occidental dont l’alignement sans réserve de Partis sur les thèses marocaines irrite Alger. Il y a aussi le va-t-en guerre français en Syrie et en Libye qui ne cadre pas avec la démarche politique et pacifique prônée par Alger. Il va sans dire que le soutien de Paris à la constitution d’un G5 des pays du Sahel n’est pas de nature à rassurer notre pays. C’est dire que sur le terrain diplomatique l’Algérie partage trop peu de choses avec la France mis à part peut être la lutte contre le terrorisme ; et encore… Mais Paris sait faire preuve de pragmatisme. Sans doute que Valls espère repartir au terme de la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau avec un bon paquet de contrats juteux. Le communiqué de l’ambassade de France souligne cette volonté : l’examen des «projets destinés à intensifier encore le partenariat productif entre les deux pays». En fait de partenariats, il s’agit plutôt de projets à très forte valeur ajoutée pour l’économie française tant l’Algérie reste perçue comme un comptoir commercial où l’on peut faire de bonnes affaires. Ce ballet diplomatique est au final loin d’être gratuit… 
Hamid Merakchi
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