«le Maroc ne veut pas de la venue du SG de l’ONU »

Addouh Khatri sur la visite de Ban Ki-Moon au Sahara Occidental : «le Maroc ne veut pas de la venue du SG de l’ONU »
Déclarant qu’il n’y a pas une troisième voie pour le règlement de la question sahraouie, le chef de la Délégation des négociateurs du Front Polisario, Khatri Addouh a affirmé, hier, qu’«il n’y a que deux bases fondamentales sur lesquelles repose son règlement».
Il indiquera en ce sens, « la volonté exprimée par le peuple du Sahara occidental, en 1976, par la proclamation de la république Arabe Sahraouie démocratique et la reconnaissance par les Nations unies (ONU) du Front Polisario comme le seul et unique représentant légitime du peuple sahraoui » et aussi « l’inscription en 1963 du Sahara Occidental sur le registre de l’ONU, des questions soumises au processus de décolonisation » a –t-il souligné, hier, au camp des réfugiés sahraouis, Smara. Pour le responsable sahraoui, l’application du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination « est incontournable » et constitue a-t-il souligné « la seule voie à promouvoir » pour un règlement juste du conflit opposant le Front Polisario et les autorités coloniales marocaines au Sahara occidental, en rappelant, laquelle voie « est en conformité avec la légalité internationale» a affirmé Khatri Addouh. C’est à l’occasion de l’ouverture, hier, des festivités de la célébration du 40e anniversaire de la proclamation, le 27 Février 1976, de la République Arabe sahraouie démocratique (RASD) que le président du parlement sahraoui, Khatri a tenu ces déclarations, à moins de quinze jours de la visite de Ban Ki-Moon , secrétaire général de l’ONU, dans la région, et après la rencontre des responsables sahraouis avec Christopher Ross, l’envoyé personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental, vendredi dernier, dans les camps des réfugiés sahraouis. Visite de Ross et celle de Ban Ki-Moon, prévue les 6 et 7 mars prochains aux camps des réfugiés sahraouis, qui interviennent, faut-il le noter, au moment où le peuple sahraoui et son représentant légitime, le Front Polisario, célèbrent un des évènements majeurs dans son combat pour son indépendance, la proclamation du 40e anniversaire de la RASD. Le déplacement de ces deux responsables de l’ONU, dont celui de son Secrétaire général, d’ici peu de jours, coïncidant avec cette date historique pour le peuple sahraoui, «sonne comme un rappel à l’ordre aux autorités coloniales marocaines» selon Addouh, car elle rappelle « la nature fondamentale de la question sahraouie » a-t-il souligné avant d’ajouter « celle d’une question de décolonisation inscrite à l’ONU, et que son règlement passe inévitablement par la tenue du référendum d’autodétermination». C’est ce qu’a déclaré le responsable sahraoui, hier, aux professionnels des médias, étrangers et sahraouis, en marge de la cérémonie précitée, qu’abrite Samra, qui verra aujourd’hui, le lancement du Marathon auquel prennent part plus de 400 coureurs, venus d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie, d’Europe et des Etats-Unis. Pour notre interlocuteur, le Maroc, qui depuis son invasion militaire , en 1975 du Sahara-occidental, n’ a cessé de manœuvrer, pour dévier la question sahraouie, de sa nature fondamentale, relative à une question de décolonisation inscrite en 1963, à l’ONU. La monarchie marocaine après avoir voulu faire croire au monde que « le Sahara occidental est un des territoires marocains, en vain » a lancé Addouh, puisque poursuit-il « aucun Etat dans le monde ne lui reconnaît cette qualité», il ajoutera que « Rabat a tenté de faire croire, par la suite qu’il s’agit d’un conflit avec l’Algérie, en vain» a-t-il encore lancé, et de tenter par la suite « de dire que c’est un conflit hérité du temps de la guerre froide » et de préciser « encore une manœuvre, en vain .» a-t-il encore souligné. Partant, le traitement de la question sahraouie demeurant, sur la table des Nations unies, dont la mission de l’ONU pour un référendum au Sahara occidental (Minurso), la communauté internationale est appelée « à assumer ses responsabilités engagées » notamment par « l’application du droit international pour une question de décolonisation» à savoir, a-t-il rappelé «la tenue du référendum d’autodétermination du peuple Sahara occidental». A notre question d’avoir de plus amples d’informations sur la visite du SG de l’ONU, Ban-Ki Moon dans la région, notamment, au Sahara occidental, lequel déplacement, non voulu par les autorités coloniales marocaines, réaffirmant la venue du responsable onusien, Addouh indiquera que «Rabat persiste à manœuvrer pour que la mission de Ban Ki-Moon et son envoyé personnel soient un échec». Des manœuvres de Rabat avec le soutien notamment de la France pour atteindre cet objectif, constituant un frein, outre à l’accomplissement de la mission du SG des Nations unies, lequel rappelle notre interlocuteur « s’est rendu dans d’autres régions abritant des missions de l’ONU» et de préciser que «la Minurso est déployée au Sahara occidental et qu’il est normal que Ban Ki-Moon se rende aux territoires sahraouis» soit, là où se trouve les membres de la Mission onusienne, dans les territoires sahraouis libérés et aussi ceux déployés dans les territoires du Sahara occidental encore sous occupation marocaine, faut-il le souligner.
K. B.