Le Polisario dame le pion à l’envahisseur – Le Maroc subit trois échecs en l’espace d’un mois

LE ROYAUME chérifien vient de subir coup sur coup trois échecs retentissants au niveau international sur le dossier du Sahara occidental. Il y a eu d’abord le rejet de l’accord agricole signé entre l’UE et le Maroc. 
En effet, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a annulé l’accord commercial portant sur les produits agricoles, signé en 2012 entre le royaume du Maroc et l’Union européenne (UE). La justice européenne a ainsi tranché en faveur du Front Polisario, qui estimait que l’application de cet accord au territoire contesté du Sahara occidental violait le droit international et les engagements de l’UE. 
Cette grande victoire obtenue par le Polisario n’est en fait que le prélude à d’autres succès diplomatiques aussi importants les uns que les autres. Hier encore, la commission européenne a rejeté les allégations mensongères sur le détournement de l’aide humanitaire aux réfugiés sahraouis proférées par le royaume chérifien. 
Selon la Commissaire européenne en charge du budget et des ressources humaines, Kristalina Georgieva, «aucune mission d’audit concernant l’aide humanitaire accordée par l’Union européenne (UE) aux réfugiés sahraouis des camps de Tindouf en Algérie n’a été planifiée», rejetant une nouvelle fois les allégations sur le prétendu détournement de cette aide :«Pas moins de 24 missions de suivi et de monitoring ont été effectuées durant l’année 2015 par la Commission européenne dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf. Les représentants de la Commission sont présents sur les lieux deux semaines par mois. 
Dans ce cadre, la commission européenne n’a planifié aucune mission d’audit», a-t-elle déclaré devant la Commission du contrôle budgétaire du Parlement européen. La Commissaire européenne a également affirmé lors de son audition sur la décharge du budget général de l’UE pour l’année 2014, que la Commission participe «activement» aux réunions de coordination sectorielles, qui se tiennent régulièrement à Alger et à Tindouf sur les aspects liés à la santé, à l’assistance humanitaire, à l’assainissement et à l’hygiène de l’eau, et à la sécurité. 
Mme Georgieva, qui répondait à des questions écrites d’eurodéputés, vient ainsi mettre fin, de manière cinglante, aux mensonges du Maroc accusant les représentants du Front Polisario et l’Algérie de détourner «systématiquement» et «massivement» l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis. Le Parlement néerlandais met fin à l’accord de sécurité de 1972 
Dans son intervention devant la Commission du contrôle budgétaire au Parlement européen, le directeur général de l’Aide humanitaire et de la Protection civile (ECHO), le danois Claus Serensen, a démonté les arguments « spé- cieux» de la présidente de la Commission du contrôle budgétaire, l’allemande Ingebourg Grassle, qui avait convoqué la session spécialement pour remettre sur le tapis un rapport daté de 2007 et qui pointe un détournement de l’aide humanitaire aux réfugiés sahraouis. Mme Grassle, qui avait effectué en avril dernier une visite à Dakhla (ville occupée du Sahara occidental) en compagnie du président du groupe d’amitié avec le Maroc, n’a eu de cesse de semer ces «rumeurs répandues au Maroc», selon les propos de M. Serensen. 
Le DG de l’ECHO a présenté le dispositif de contrôle de l’acheminement de l’aide européenne, dispositif qualifié d’extrêmement «rigoureux» et «complet», exhibant des preuves à l’appui. S’appuyant sur des arguments solides, le responsable de l’ECHO avait précisé à l’assistance que «l’opération se déroule depuis 2003 avec l’établissement de 36 rapports d’audit dont 8 réalisés sur place dans les camps sahraouis». 
Enfin le troisième échec de la propagande marocaine est venu des Pays-Bas. Le Parlement néerlandais a voté pour l’annulation unilatérale de la convention de sécurité sociale avec le Maroc après la demande de Rabat d’élargir les versements des allocations familiales aux bénéficiaires vivant au Maroc pour inclure des territoires sahraouis occupés. 
Pas moins de 91 parlementaires néerlandais ont voté en faveur de la rupture de cet accord conclu le 14 février 1972, alors que 56 voix étaient contre l’annulation et qu’on a enregistré 3 abstentions. Les négociateurs marocains avaient exigé des Néerlandais un élargissement des versements des allocations familiales aux bénéficiaires vivant au Maroc pour y inclure également le Sahara occidental occupé. Ce que les Pays-Bas ont refusé. 
Par l’annulation claire d’une telle convention, les PaysBas rejettent la souveraineté prétendue du Maroc sur les territoires sahraouis illégalement occupés depuis 1975. 
Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés, le Sahara occidental étant la dernière colonie en Afrique occupée depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France. 
Hocine Adryen
Le Jeune Indépendant, 28/01/2016