Corruption de journalistes français par le régime marocain : black-out total en France

Les graves révélations faites par le hacker «Chris Coleman» sur notamment les relais médiatiques du Makhzen sont passées sous silence en France. Le contenu des documents confidentiels publiés par ce hacker marocain n’est pourtant pas sans intérêt pour les médias français, puisque certains «câbles» traitent des journalistes «mercenaires de la plume» au profit du Makhzen et de sa diplomatie. 
Ces «câbles», dont le contenu a été authentifié et en tout cas jamais démenti, ont fait le buzz sur la Toile. Mais ils n’ont nullement fait réagir la presse française, habituellement prompte à rebondir sur la moindre information qui viendrait du Maghreb. 
Parmi ces câbles compromettants, des emails échangés entre Ahmed Charaï, à la tête d’un empire médiatique créé grâce aux financements du Makhzen, et quelques journalistes français, et pas des moindres, qui s’avèrent «des mercenaires de la plume». 
Ces journalistes grassement payés par le Makhzen, par le biais d’Ahmed Charaï, qui dirige aussi le site l’observateur.ma, sont José Garçon, journaliste au quotidien Libération, Mireille Duteuil, rédactrice adjointe au service monde du Point, Vincent Hervouët, rédacteur dans la chaîne de télévision française LCI, et Dominique Lagarde, journaliste au service monde de l’Express. 
Des noms dont Algeriepatriotique a fait l’écho dans un article intitulé «Des mails confirment la corruption de journalistes français par Rabat pour s’attaquer à l’Algérie» publié le 21 octobre dernier. Les en-têtes des emails échangés entre ces journalistes et le fameux Ahmed Charaï contiennent une signature cryptographique démontrant qu’ils sont authentiques et qu’ils n’ont donc pas été modifiés ni «caviardés», mais qu’ils sont bien tels que les ont reçus leurs destinataires, à l’époque. 
Ces emails, authentifiés par des experts, parlent de remise d’argent à ces journalistes français en contrepartie d’articles «complaisants» en faveur du Maroc et de son projet d’autonomie du Sahara Occidental. Par exemple, Vincent Hervouët a reçu 6 000 euros pour ses articles propagandistes écrits en septembre dernier dans l’Observateur et Foreign Policy. Dominique Lagarde a perçu 12 000 euros pour deux mois de lobbying médiatique anti-algérien. 
De grosses pointures, bien connues dans le paysage médiatique français, dont les faits qui leur ont été reprochés ne devraient normalement pas passer sous silence. Car il s’agit bel et bien d’une atteinte à l’éthique journaliste et à la déontologie qui régit la profession de journaliste. 
Ces pratiques douteuses et controversées du Makhzen jettent ainsi le discrédit sur ces journalistes, mais aussi portent atteinte à la crédibilité des médias dans lesquels ils travaillent. Pourquoi, donc, ce silence assourdissant des médias français qui n’ont pas pipé mot sur ces révélations ? D’autres journalistes ont-ils un fil à la patte et craignent-ils que le scandale les atteigne aussi ?
Rafik Meddour