Manœuvres de l’armée sahraouie dans les territoires libérés : bruits de bottes à nos frontières ouest

Selon l’agence de presse sahraouie SPS, le Front Polisario a organisé, lundi dernier, des manœuvres militaires dans les territoires libérés du Sahara occidental, en présence du président, Mohamed Abdelaziz, et de son ministre de la Défense, Mohamed Lamine Ould El-Bouhali. Par cette action, les indépendantistes sahraouis entendent se mettre prêts à toute mobilisation pour un retour à la lutte armée contre le régime marocain. 
Un message au roi Mohammed VI qui, dans tous ses discours, continue d’ignorer les revendications du peuple sahraoui et de poser son projet d’autonomie des «Territoires du Sud» sous l’autorité marocaine comme l’unique alternative au conflit. Dans son dernier discours, le roi s’est montré particulièrement menaçant et méprisant à l’égard du mouvement indépendantiste sahraoui et de ses alliés. 
C’est aussi un message à la communauté internationale pour rappeler la responsabilité entière du régime marocain dans l’impasse actuelle, en continuant à traiter par le mépris toutes les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies au sujet du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. 
Ces manœuvres militaires du Polisario sont aussi une réaction à la poursuite de la politique de répression systématique menée par les forces marocaines contre la population sahraouie dans les Territoires occupés et contre les militants indépendantistes dont au moins trois ont été victimes d’assassinat sur le territoire marocain ces dix derniers mois, parmi lesquels le militant Hassene El-Ouali. 
Le Front Polisario a cessé les hostilités depuis 1991 pour donner toutes ses chances de succès à la voie diplomatique et pacifique pour résoudre le conflit qui l’oppose au royaume du Maroc, dans le strict respect de la légalité internationale incarnée par les résolutions votées par le Conseil de sécurité de l’ONU, approuvant le principe d’autodétermination du peuple sahraoui et fixant les modalités de l’organisation d’un référendum. Rabat a, à un moment, accepté d’entamer des négociations avec les représentants du Polisario, sous l’égide de l’ONU, mais il s’est avéré que sa participation n’était qu’une énième manœuvre pour gagner du temps et tremper l’opinion internationale sur ses véritables projections. 
Face à tant de louvoiements et d’agressions, les Sahraouis ont à plusieurs reprises menacé de recourir à l’action armée pour défendre leur droit légitime.
R. Mahmoudi