Eclairage : Un supplétif régional

Par Ammar Zitouni
Que veut donc dissimuler le Maroc? Que prépare-t-il et avec quelle complicité extérieure? En quelle aventure veut-il entraîner l’Algérie en particulier, et toute la région en général? Depuis bien plus d’un quart de siècle, bien des épreuves de la conscience ne s’étaient pas ainsi ouvertes à cette lucidité qui surmonte l’inquiétude et fait lever la colère des Algériens. En veillant à ne rien altérer du vécu de l’Algérie avec son voisin de l’ouest, l’histoire témoignera à jamais, que le 1er Novembre 2013, le Consulat général d’Algérie à Casablanca a été violé pour porter atteinte à l’Emblème national. Ce même jour, le Makhzen en toute connaissance de cause, savait que le peuple algérien digne de son passé révolutionnaire commémorait le déclenchement de la lutte de Libération nationale. Le même peuple découvrit ainsi, massivement, en quelles aventures, confusions, Rabat voudrait livrer Alger. Cette acte démesuré que rien ne justifiait était déployé dans le même temps où le Maroc avait annoncé, le 30 octobre 2013, le rappel pour consultation de son ambassadeur à Alger, « en raison notamment de récents propos du Président algérien Abdelaziz Bouteflika sur le Sahara occidental, qualifiés de provocations et foncièrement agressifs », avait rapporté les médias marocains. « Cette décision fait suite à la multiplication des actes de provocation et d’hostilités de l’Algérie  » et « plus particulièrement », le discours prononcé par M. Bouteflika lundi, lors d’une conférence sur le Sahara occidental à Abuja », avait indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères.
Ces faits sont rappelés parce qu’une année après la profanation du Drapeau algérien à Casablanca, le Maroc n’a cessé de rester lié à de monstrueux actes visant l’Algérie. Bien d’autres intrigues du Palais royal avec l’aide et les conseils d’Israël se sont multipliées. 
La multiplication de ces intrigues, résulte de la détermination du Makhzen à faire de l’Algérie, le bouc émissaire en rapport avec la décolonisation du Sahara occidental, de jalousie déjà dévoilée envers la grandeur de la diplomatie algérienne, sur la scène régionale et internationale. De tout ce qui précède, l’expression de « bon voisinage » « chantée » par le Palais royal, n’est en fait qu’un trompe l’oeil. 
Ce n’est aussi qu’une dissension pour camoufler l’occupation coloniale du Sahara occidental. Voilà pourquoi, malgré la sagesse des autorités algériennes, le Makhzen s’entête à faire dans ce marigot.
 
En effet, à l’heure où tout le Maghreb est à cheval sur les défis du moment, car il se trouve au milieu d’une conjoncture très particulière, marquée par de graves menaces à la paix et à la sécurité régionale; des conflits atroces et la recrudescence du terrorisme d’une extrême cruauté, par le danger que représente le vouloir d’ingérence étrangère; il est regrettable pour la monarchie marocaine de continuer son agenda contre l’Algérie. Une Algérie qui à chaque scandale, escalade de son voisin de l’ouest, fait savoir avec constante ce dont a besoin la région, c’est d’une paix réelle, d’un bon voisinage sans équivoque, d’une réelle solidarité, non seulement entre les deux Etats, algérien et marocain, mais aussi de tout l’ensemble maghrébin. Il ne fait plus aucun doute que le Makhzen est en train de se partager, avec d’autres puissances étrangères, le rôle de grand perturbateur de la paix régionale, tant il est vrai, que la France et Israël sortent renforcés de la colonisation du Sahara occidental par leur protégé et qu’ils semblent avoir jeté leur dévolu sur ce « supplétif » pour mieux contrôler et surveiller l’Algérie. Lentement mais sûrement, la présence coloniale du Maroc au Sahara occidental, représente un autre danger qui menace la déstabilisation du Maghreb et de l’ensemble de la région subsaharienne. Le Makhzen, sous la dictée de conseillers israéliens sur place, continue de braver l’opinion mondiale avec la complicité des Occidentaux, la protection de l’Otan et la faiblesse de l’ONU et de l’Union africaine ; quant à évoquer la Ligue arabe, ce n’est qu’une coquille vide. 
A. Z.