Le Maroc militarise sa frontière avec l’assistance d’une société israélienne

Le Maroc n’est pas à une contradiction prêt. À chaque fois que l’occasion leur est donnée, les responsables du Makhzen s’en prennent à l’Algérie, et réclament à cor et à cri l’ouverture des frontières. Dans le même temps, ils font appel à Israël, qui a, désormais, la main sur tout ce qui est sécuritaire, pour militariser leur frontière avec notre pays. Ainsi, et selon des informations publiées par des journaux marocains, et notamment ceux dont la vocation est de taper, en permanence, sur le voisin algérien, font état d’un projet d’installation de 11 points de surveillance, hautement sophistiqués, depuis le prétendu incident, où Rabat annonçait qu’un citoyen marocain aurait été grièvement blessé par des tirs de l’Armée algérienne, le 18 octobre dernier, à la frontière avec l’Algérie.
Ces points de contrôle sont d’une plus grande performance et peuvent accueillir de l’équipement militaire «sophistiqué», précise un site électronique marocain. Il est clair que ce projet s’inscrit dans le cadre des campagnes d’hostilité incessantes, menées par le Maroc contre l’Algérie. La société israélienne, Eblit Securiy Systems, a déjà signé plusieurs contrats avec d’autres pays africains, comme le Nigeria, pour espionner les communications. Ce groupe est partout présenté comme «leader mondial dans les champs de l’analyse de renseignements et de cyber défense», avec des solutions prouvées «hautement appropriées pour les pays, les armées et les sites d’infrastructures stratégiques».
La présence de l’État hébreu au Royaume chérifien prend des formes de plus en plus diverses, et de plus en plus assumées. Ainsi, dans une lettre, la mission permanente d’Israël auprès des Nations unies, assure son homologue marocain de la décision prise par le gouvernement israélien de soutenir la candidature du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu, pour la période 2014-2018, lors des élections prévues, à New York, le 12 novembre prochain. Ce document atteste, de façon irréfutable, que l’acoquinement du Maroc avec l’entité sioniste n’est pas une vue d’esprit. Plus grave, la normalisation s’étend aux secteurs névralgiques, avec les facilitations accordées aux entreprises de sécurité israéliennes, pour séjourner au Maroc, et y accomplir leurs missions, le plus normalement possible. C’est le cas, notamment, des cadres d’Eblit Securiy Systems, une entreprise spécialisée dans les équipements électroniques à usage militaire et civil, essentiellement d’espionnage. Le groupe est classé parmi les cent plus importantes firmes mondiales, productrices d’armement, son nom est lié à d’obscurs contrats d’armement qui ont défrayé la chronique, en Israël même.
En mai 2013, un journal américain a révélé que le Pentagone avait attribué, à la filiale américaine de la société israélienne Elbit Systems, un contrat lui donnant la possibilité de fournir des composants d’aéronefs à des armées de pays arabes, dont l’Irak et le Koweït. Il faudra désormais compter avec une activité israélienne hostile, voire subversive à nos frontières. Sans parler des agendas concoctés par Tel-Aviv contre l’Algérie et mis en œuvre par le Maroc, notamment en matière de désinformation et d’intox relayés par des journalistes français, connus pour leur attache avec Israël et des journaux américains; certes, sans grand impact comme le “Washington Times” ou le britannique “Financial times” qui se sert au Maroc, mais qui n’hésite pas, aussi, à démarcher de la publicité en Algérie, auprès de sociétés et d’institutions algériennes.
Mokhtar Bendib