La politique «complexe» de la France dans le dossier sahraoui

Le président du groupe d’amitié France-Algérie, M. Patrick Mennucci, n’est pas allé par quatre chemins pour qualifier de «complexe» la position française vis-à-vis de la question du Sahara occidental. 
L’hôte du Parlement algérien a déclaré hier dans une conférence de presse que « la France n’engagera pas un processus de déstabilisation vis-à-vis du Maroc». Il poursuit : «Nous avons une relation très complexe à la fois avec notre partenaire privilégié qui est le Maroc et, d’autre part, avec notre partenaire stratégique qui est l’Algérie ». 
Le parlementaire français s’est dit pour une sortie politique dans le cadre l’ONU. 
Patrick Mennucci a pourtant reconnu après avoir constaté de visu, jeudi et vendredi dernier, lors d’une visite aux camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, que le peuple sahraoui vit dans la pauvreté et la misère. Il a également affirmé que 200.000 personnes vivent dans des conditions lamentables « mais l’avantage c’est qu’il n’y a pas eu de dérives terroristes », a-t-il tenu à souligner. Il a également affirmé qu’il a recueilli des témoignages sur des cas de violation des droits de l’homme, répression de manifestations. « J’ai même appris, selon les Sahraouis, qu’il y a 61 prisonniers sahraouis et qu’il y a aussi des disparus ». 
Il a également exprimé son satisfecit quant à l’intelligence politique menée par les Sahraouis, essentiellement leur président qui s’est montré « très modéré et très ouvert envers le Maroc ». Il poursuit :« Ils ne parlent jamais de guerre et de violence, ils attendent tout simplement que leur droit soit reconnu », a-t-il souligné. Le conférencier a précisé qu’il remettra un rapport exact sur la situation des réfugiés sahraouis au gouvernement français bientôt.
Interrogé par les journalistes sur les effets de la loi antiterroriste qui consiste à frapper les présumés candidats au djihad d’interdiction de sortie du territoire (confiscation temporaire des passeports) et sur le risque de stigmatiser les musulmans notamment les Franco-algériens, le conférencier s’est montré rassurant et déclare que « la loi sera appliquée à tous les Français sans aucune distinction ». Il précisera que sur 930 personnes répertoriées dans la liste des mouvements terroristes djihadistes Daech, 30 % d’entre eux sont de souches européennes Italiens et Espagnols ainsi que d’autres nationalités». Il précise encore que cette loi «n’a rien à voir avec les Français d’origine algérienne». 
Il explique que c’est une loi qui a été adoptée rapidement pour lutter contre les filières de recrutement qui conduisent de jeunes Français à partir à l’étranger pour les lancer dans les actions terroristes. L’heure est grave selon le conférencier qui a cité le cas d’une jeune fille de 14 ans arrêtée à Strasbourg qui a voulu rejoindre les djihadistes. L’intervenant a fait état également de l’arrestation, avant-hier, de deux jeunes filles de 17 ans à l’aéroport de Marignane à Marseille, pour avoir voulu rejoindre un réseau envoyant des volontaires combattre avec les djihadistes de Daech en Irak et en Syrie. Des jeunes recrutés par le biais des réseaux sur internet. 
L’ambassadeur de France en Algérie Bernard Emie a, quant à lui, évoqué les facilitations accordées aux demandeurs de visas en Algérie en précisant que pas moins de 350.000 visas ont été octroyés aux Algériens durant cette année.
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