Le 11 septembre, 14 ans après

Il y a 14 ans, jour pour jour, l’Amérique était frappée au cœur de son empire économique et militaire. Le World Trade Center et le Pentagone étaient les cibles d’attentats, sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La réplique des Etats-Unis, tout le monde la connaît. Deux guerres, la première contre les Talibans d’Afghanistan et la seconde contre l’irakien Saddam Hussein, assortie d’une stratégie dénommée «Grand moyen-Orient», qui vise à refaçonner le monde arabe à la convenance de l’Occident, allié de toujours de l’Etat d’Israël. 
Sur les quatorze années de lutte acharnée contre le terrorisme islamiste, les USA ont réussi à radicaliser les combattants islamistes, au point où Oussama Benladen passe pour un enfant de chœur devant Aboubaker El Baghdadi. Ils ont également «mondialisé» le concept du Djihad et donné aux chefs terroristes l’opportunité de recruter dans le monde entier, notamment dans les endroits les plus insoupçonnables. 
Quatorze ans après le choc terroriste planétaire, le président Obama ouvre un nouveau front et décide d’entraîner l’Amérique dans une autre guerre, qu’il qualifie de longue et difficile, contre l’Etat islamique. Un sondage effectué auprès du public, révèle que l’écrasante majorité des Américains pense que l’organisation terroriste née en Irak et qui en contrôle une partie du territoire, est une menace directe contre leur pays. 
Ce sondage ressemble étrangement à celui effectué au lendemain du 11 septembre 2001. Une seule petite nuance entre les deux enquêtes d’opinion: c’est le nom de l’organisation terroriste objet du sondage. Il y a 14 ans, c’était El Qaïda et aujourd’hui, c’est l’Etat islamique. Le dernier des observateurs aura constaté qu’après deux guerres, plusieurs «révolutions» dans le monde musulman et la spectaculaire liquidation d’Oussama Benladen, l’Américain moyen ressent toujours une frousse bleue, lorsqu’on lui parle de sa sécurité. 
La question qui s’impose, est de savoir si nous sommes face à un échec de la stratégie sécuritaire américaine ou bien, au contraire, nous assistons à la phase deux de ce que Washington appelle la guerre contre le terrorisme. 
Par Smaïl Daoudi
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