Il est permis de rêver…

Par Mohamed Abdoun
Le Maroc va mal. Très mal même. Les récentes hausses des prix du carburant viennent carrément de mettre le feu aux poudres. Ses multiples suppliques adressées à l’Algérie pour la réouverture des frontières terrestres ont toujours fait l’objet de la même réponse pondérée et juste : cela doit se faire dans un cadre global et concerté, prenant donc en ligne de compte la contrebande, la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme, la relance du processus d’édification de l’UMA et, pourquoi pas ?, l’acceptation enfin de la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui conformément au droit international et à toutes les résolutions onusiennes prises dans ce sens. 
Il semble que les récentes mesures sécuritaires prises par l’Algérie en vue de renforcer sa sécurité aux frontières aient été catastrophiques pour le Maroc. Des quantités considérables de drogue sont en effet saisies presque quotidiennement. Et, afin d’empêcher les véhicules des «hallabas» de franchir la frontière de part en part, emportant avec eux des quantités considérables de carburant (700 000 tonnes par an, selon des estimations recoupées), de profondes tranchées auraient été creusées pour couper les pistes les plus habituellement empruntées par les contrebandiers. Cela les force à recourir de nouveau aux bons vieux procédés des «ânes», dont beaucoup auraient été soit interceptés, soit carrément abattus par les gardes-frontières. Or, le prix du carburant est six fois plus cher au Maroc qu’en Algérie. 
Le royaume chérifien, qui a dû procéder en catastrophe à la révision en hausse des prix de ce dernier, est en train de faire face à une fronde populaire particulièrement importante. Elle l’est à ce point qu’elle fait carrément chanceler le trône de Sa Majesté Mohamed VI. À sidi Ifni, ville côtière du sud marocain, qui a toujours été laissée-pour-compte parce qu’elle avait été colonisée par l’Espagne et non pas par la France, et qui a déjà connu des protesta d’une très grande violence, c’est désormais la grève générale. Les troupes marocaines, qui poursuivent les meneurs partout, les emprisonnant et les torturant, a obligé la plupart d’entre eux à se réfugier dans les maquis alentour. 
Le climat insurrectionnel qui règne désormais au Maroc menace de faire tomber le régime du makhzen dont l’échec est désormais visible à l’œil nu. Mohamed VI ne pourra plus faire diversion et recourir à des lampistes éternellement. L’illusion n’a que trop duré. Cela n’a pourtant pas empêché une partie de la presse de Sa Majesté de s’en prendre une fois de plus à notre pays. Mais la manière avec laquelle elle a procédé prête tout simplement à sourire. Elle prétend en effet, que le tour de l’Algérie viendrait immédiatement après la Syrie en ce qui concerne les armes chimiques et les armes non conventionnelles, allant même jusqu’à oser prétendre que notre pays en possèderait à profusion. 
Sans trop ergoter sur le sujet, signalons tout juste que l’Algérie a signé et ratifié le traité international dit TNP (Traité de non-prolifération), et qu’elle gère ce genre de question avec une extrême transparence. Difficile d’en dire autant pour un Maroc dont les crimes coloniaux se poursuivent jusqu’à ce jour, et qui pourrait aussi être amené à s’en prendre à ses propres sujets qui, crevant de faim, sont de plus en plus nombreux à descendre dans la rue pour crier leur ras-le-bol…

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