Discrimination aux études au Sahara Occidental

Une des difficultés des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Occidental

27 juin 2013,


Appelons le Oumar. Il est adhérent de notre association. Il s’est rendu dans les territoires occupés et il vient de rentrer.

Il nous explique ce qu’il a vu, entendu et vécu :

L’état marocain laisse étudier les Sahraouis jusqu’en licence. La licence étant inutile sans le master, ils acceptent seulement 1% des dossiers sahraouis pour poursuivre le cursus LMD, creusant ainsi l’injustice entre étudiants sahraouis et étudiants marocains.

Les étudiants sahraouis avaient jusqu’aujourd’hui trouvé la parade : ils partaient poursuivre leur cursus universitaire en Égypte. A présent l’état marocain décrétant que le master obtenu en Égypte n’est pas équivalent à celui obtenu au Maroc cette pratique a été interdite. De plus, après la licence, les étudiants bénéficiaient d’une « bourse de mérite ». Cela a également pris fin.

Après avoir essayé de négocier avec le gouvernement et sans réponse de leur part les étudiants décident d’organiser en septembre un blocus place centrale. C’est une place stratégique. Cela dure environ 3 mois. Puis avec le froid qui arrive ces étudiants décident de monter une tente. Les forces de l’ordre interviennent en matraquant les manifestants. La tente est enlevée. En effet, depuis les événements qui se sont produits lors du camp de GDEIMIZIK, le préfet a interdit (oralement) de monter des tentes .

Il s’ensuit alors une grande marche. Les manifestants récupèrent la place.

Pour l’état marocain, cela ne doit pas durer car, sur cette place, doivent avoir lieu plusieurs festivals, entre autre, le festival de Mouloud, en février. Les manifestants occupent pourtant la place jusqu’en mai. Durant cette période les chefs de tribus tentent désespérément de négocier afin de récupérer leurs droits. Ils finissent par déclarer : « ces gens ne désirent aucune négociation faites ce que vous avez à faire ».

Les jeunes envisagent alors de quitter Assa Zag (Région Guelmim Es Smara, juste au dessus de la frontière avec le Sahara Occidental) pour aller à Almahbes avec leurs tentes et drapeaux à l’endroit où était Christopher Ross il y a deux mois.

Le 1er mai, ils montent une tente sur la place centrale. Les forces de l’ordre sont intervenues dans les 20 min qui ont suivi frappant femmes et jeunes pour les déloger.

S’enchaîne alors une riposte ; les manifestant récupèrent la place (vidéos à l’appui).

Le lendemain à 7h les forces de l’ordre interviennent à nouveau en augmentant les effectifs avec plus de 70 véhicules contenant chacun 9 agents. Ce qui provoque une émeute générale. J’étais à cet instant, moi, membre de l’association, présent. Cette émeute se termina dans les alentours de 18h.

Résultat : la place centrale reste occupée par les manifestants.

Malheureusement dans les alentours de 17h30 le jeune Omar Bahiana (18 ans) se fait écraser volontairement par un véhicule des forces de l’ordre marocaines (voir les photos jointes). Ils ont également blessé Ouargziz en lui balançant un morceau de rocher à la tête. Ils sont tous deux dans un état préoccupant. Notre association (ASPS) réfléchit à la meilleure façon de les aider tous les deux.

Les manifestants sont actuellement toujours sur la place centrale… Mais résisteront-ils encore longtemps ?

En effet avec le ramadan qui approche et la chaleur qui va en augmentant (pouvant atteindre les 50°), ils ne pourront pas subsister bien longtemps.

L’état marocain le sait bien et compte sur ces événements à venir…

Dernière précision, Oumar est Sahraoui !

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